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Interview de Floryane Mugnier, chargée de mission marketing pour la destination Aix-les-Bains Riviera Des Alpes. 

Floryane Mugnier - Aix-les-bains Riveria des Alpes
Photo Floryane Mugnier – Aix-les-bains Riveria des Alpes

1) Quel est ton parcours professionnel ? 

  • Chargée de communication >> Juillet 2015 à Mars 2016 – Office de Tourisme de Morillon
  • Chargée de commercialisation >> Septembre 2014 à Avril 2015 – Roannais Tourisme
  • Chargée de communication >> Mars à Septembre 2014 – Pays du Lac d’Aiguebelette
  • Assistante communication >> Juin à Décembre 2013 – Office de tourisme de Valmorel
  • Assistante chef de produit >> Mai à Août 2012 – Allibert Trekking.

2)    Quel poste occupes-tu à l’office de tourisme d’Aix-les-Bains Riviera des Alpes ?

Je suis chargée de mission marketing, spécialisée en inbound marketing, au sein du pôle attractivité.

Voici la définition d’HubSpot de l’inbound marketing : « L’inbound marketing repose sur une stratégie de création de contenu qui permet d’attirer des visiteurs afin de les convertir en leads puis en clients, grâce à des techniques telles que le marketing automation, le lead nurturing et la création de contenu. »

Voici une vidéo qui explique bien ce qu’est l’inbound marketing : https://youtu.be/EMYanGJ3pNc

3)    Quelle est la part du digital dans ton travail actuel ?

Je dirais que 70% est en ligne, concernant ma mission principale qu’est l’inbound marketing. Hors web, j’organise des réunions éditoriales pour valider les thématiques des sujets d’articles de blog et je rencontre des rédacteurs.

Au sein de l’office de tourisme intercommunal d’Aix les Bains Riviera des Alpes, nous avons tous des missions transverses, qui nous amènent à sortir de notre quotidien. Nous travaillons tous pour la marque de destination. Par exemple, je participe à des accueils presse (principalement en anglais pour ma part) ou des salons. Aussi, nous participons tous aux « académies de la Riviera », il s’agit d’ateliers organisés tous les premiers lundi de chaque mois. Nous formons ou sensibilisons les prestataires du territoire à différents sujets. J’anime principalement ceux sur le web et les réseaux sociaux. Il y a de nombreuses thématiques : création d’une page Facebook ou Instagram, charte d’accueil, accueil de la clientèle chinoise, optimisation de site web, apprendre à valoriser les photos de mon établissement, RGPD,…

Aussi, j’ai eu la mission de directrice artistique cet été, sur un projet précis. Aix les Bains Riviera des Alpes a déployé un marketing sensoriel, avec de nombreux artisans et créateurs du territoire. J’ai réalisé une brochure mettant en avant nos différents produits, de la mise en place lors des shootings à la création graphique, en passant par la figuration. Cette mission, ne fait pas partie de ma fiche de poste mais ma manageuse a vu cette compétence en moi. Notre office de tourisme applique les principes de « management pacifié », en redéfinissant le positionnement, le rôle des dirigeants et responsables; en leur permettant de devenir des « leaders éclairés ». Une de leurs missions est  d’accompagner les collaborateurs à prendre conscience et à révéler leurs talents cachés. L’idée n’est pas que le manager impose aux collaborateurs d’évoluer d’un stade à un autre, mais bien de lui permettre de prendre conscience de son potentiel d’évolution.

4)    Vois-tu un décalage entre ton premier poste et aujourd’hui par rapport au digital ?

Mon poste actuel est extrêmement rare en office de tourisme. Nous ne sommes que 2 ou 3 destinations à faire de l’inbound marekting, en France. Je n’étais donc pas formée aux techniques que j’emploie aujourd’hui sur mes autres postes.

Nous sommes en mesure, avec les nouvelles tendances du marketing, d’être plus proches de nos clients, de mieux les cerner et répondre à leurs vraies attentes. Le message est ultra personnalisé selon le client, tout en étant automatisé.

5)    Est-ce que tu as constaté un changement de temporalité dans ton travail par rapport à l’arrivée du digital ?

Le décalage principal, selon moi, est l’attente du client, dont je fais partie aussi. Nous, internautes, ne supportons pas d’attendre, de recevoir une publicité qui ne nous concerne pas et exigeons un contenu de grande qualité. Il faut donc être de plus en plus précis pour être apprécié.

6)    Est-ce que le digital a changé ta façon de travailler mais aussi ta façon de promouvoir la destination ?

J’apprécie toujours autant la satisfaction de rayer au stylo une tâche exécutée sur ma to do list hebdomadaire. Je reste donc fidèle au papier concernant mon organisation, contrairement à certains de mes collègues qui préfèrent des applis de gestion de tâches.

Une grosse partie de mon travail consiste à être inspirée et suivre les tendances, de façon à créer du contenu pertinent. Je m’inspire énormément en ligne avec Pinterest et Instagram principalement. Je regarde beaucoup la façon de faire anglosaxone, afin de ne pas copier mes voisins. Cela dit, la machine à café reste un excellent moyen de trouver de nouvelles pistes ! Mes collègues sont un échantillon de population, et leurs problématiques quotidiennes, un vivier à portée de main. Que ce soit une mère de famille qui prépare ses valises pour partir en vacances, une autre qui teste l’hypnose, un qui cherche un afterwork branché ou encore un autre qui a visité un magnifique château ce week-end ou enfin une qui a été déçue du dernier restau étoilé qu’elle a testé. Quelle matière !

Nos clients sont des humains, notre métier est de les accueillir au mieux. Je crois qu’il faut apprendre à écouter les personnes qui nous entourent. Le web est mon métier mais je pense qu’il ne faut pas minimiser la force du collectif.

7)    Est-ce que l’on peut dire que la notoriété d’Aix-les-bains s’est développée depuis l’arrivée du numérique et surtout votre présence sur les réseaux sociaux ?

La notoriété d’Aix-les-Bains n’est pas récente, c’était « the place to be » à la Belle Epoque. Aix les Bains Riviera des Alpes, par contre, est une marque récente.

Depuis le lancement de la marque, en 2016, nous ressentons l’émergence de l’adhésion du public. Plus de 1 000 acteurs portent aujourd’hui la marque et agissent au quotidien pour porter nos valeurs, que ce soit sur les réseaux ou sur le web, de façon générale. C’est là que réside notre force. On constate également au quotidien notre montée en puissance avec des touristes, des influenceurs ou des locaux, qui utilisent de plus en plus massivement notre #aixriviera. Le retour des pros du territoire est très positif : 80% d’entres eux sont satisfaits de la dynamique de la marque et 1/3 estiment que la marque a un impact positif sur leur fréquentation.

Les marques et les offices de tourisme ont tous en main les mêmes outils, qui existent depuis des années. A chacun de se les approprier, de se différencier. Pour nous, sur les réseaux sociaux, comme partout, le but est de parler juste à chaque client. Nous essayons de comprendre qui il est réellement afin de lui apporter la réponse qui lui conviendra. La définition du bien être est propre à chacun. A nous de l’emmener là où il se réalisera le mieux. Notre vision a d’ailleurs été saluée : notre campagne social média « Le Sens des Vacances » a remporté le prix du jury des Social Média Awards.

Les réseaux sociaux sont un moyen fort de véhiculer notre image et notre positionnement, notamment par le visuel. Notre compte Instagram par exemple, est un réel book, une vitrine qui montre qui nous sommes. « Une image vaut mille mots » s’applique ici à merveille. Il me faudrait 10 lignes pour expliquer la sensation d’apaisement, de légèreté de l’esprit, de beauté, l’impression que chaque chose est à sa place pour décrire ce que procure le fait de marcher pied nu sur un ponton en bois, avec l’immensité du lac face à soi, les montagnes qui tombent à pic dans le lac, cette côte complètement sauvage face à soi, le soleil qui rosit le ciel alors qu’il se couche et disparait derrière la montagne, pendant que le vent souffle légèrement dans vos cheveux et que le clapotis de l’eau vous berce. Voilà ce que l’on peut ressentir en voyant une de nos photos.

 

8)    Tu travailles désormais à distance pour Aix-les-Bains, est-ce que ce n’est pas difficile par rapport à la cohésion d’équipe, le décalage horaire ou bien simplement dans tes missions ?

En effet, mon mari a été embauché à Singapour et nous l’avons suivi avec notre fille. J’ai l’immense chance d’avoir été suivie par mes responsables et toute l’équipe. Notre RH a du faire des dossiers qu’elle n’avait jamais fait auparavant et notre politique de télétravail a du être complètement revue.

Si cela a été possible, c’est, déjà, grâce à la grande ouverture d’esprit de notre direction et aussi grâce à la politique de bien-être au travail qui est mise en place. Dans notre service, deux autres collègues font du télétravail. Aussi, travaillant dans le marketing digital, mes outils sont en ligne. Il n’y avait donc pas de contrainte technique au télétravail.

Le décalage horaire est très important (6h l’été et 7h l’hiver). Je travaille donc principalement les après midis pour être joignable les matins Français. Etant très autonome dans mes missions, je n’ai quasiment jamais de validation à obtenir, avant de publier sur le web. Je gère donc mon temps et mon travail, de façon indépendante.

Nous avons une réunion d’équipe chaque mardi. Je participe toujours, mais via Skype. J’ai toujours l’impression de faire partie de l’équipe.

9) Comment arrives-tu à t’organiser par rapport à cette distance, utilises-tu des outils spécifiques pour gérer tes dossiers, échanger avec tes collègues ?

Nous avons du préparer mon départ techniquement. Ainsi, on m’a équipé d’un ordinateur portable et d’un VPN qui me permet d’accéder aux dossiers communs, qui sont sur un serveur. Je ne vois donc aucune différence avec mon poste de travail, lorsque j’étais en France.

J’échange par mails avec mes collègues, mais nous organisons souvent des points Skype ou What’s App, pour échanger sur un sujet précis. Les réunions éditoriales se font ainsi.

Pour la communication interne entre les différents pôles nous utilisons Workplace.

10) Est-ce que l’on peut dire que tu es digital nomade ? Quels conseils pourrais-tu donner à ceux qui souhaiteraient se lancer ?

Non pas vraiment. Nous sommes ici pour 2 ans uniquement, c’est la durée du contrat de mon mari et ce qui a été convenu avec mon employeur.

Aussi, nous avons une adresse fixe. Je travaille du même endroit chaque jour.

Mon conseil pour ceux qui hésitent serait d’y aller progressivement. Partir vivre au bout du monde n’est pas pour tout le monde.  Embarquer ses collègues, sa famille dans cette aventure n’est pas anodin. Nous avons énormément voyagé et savions que la vie en Asie nous plairait. C’est un rêve de longue date, pas une lubie.

11) Est-ce qu’il y a des aspects négatifs que tu souhaiterais nous confier ? éloignement avec ta famille/amis, isolement…

Au bout de 2 mois, je ne ressens rien de tout cela. Nous avons choisi un pays que nous aimons, nous avons tout fait pour nous re-créer une vie de qualité. Nous prévoyons de rentrer à Noël et l’été. Notre famille et nos amis ont prévu de venir nous voir.

La seule chose sur laquelle je n’ai pas été vigilante est d’avoir validée une photo estivale sur Instragram, alors qu’au mois de novembre, la météo n’est pas la même sous les tropiques qu’en France !

Merci beaucoup pour tes réponses !