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Trek au Pérou : 7 erreurs qui m’ont valu des galères (et comment les éviter dès maintenant)

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Trekking au Pérou : Christian journaliste à etourisme.blog
Trekking au Pérou

Je croyais être prêt pour l’aventure. Sac à dos dernier cri (un Osprey Atmos AG 65 tout neuf), itinéraire rêvé tracé sur la carte, des images de lagunes turquoise (comme la célèbre Laguna 69 dans le Parc National de Huascarán) et de sommets incas plein la tête… Résultat ? Premier soir, souffle coupé, ampoules infernales et cette sensation d’avoir oublié tout ce qui compte vraiment.

Trekking au Pérou

Je vous jure : partir en trek au Pérou quand on débute, c’est risquer bien plus qu’une simple crampe si on néglige certains points clés. J’ai vu trop de gens se planter pour des raisons bêtes — moi le premier. Si vous ne voulez pas transformer votre aventure en cauchemar, voici le vrai guide, sans filtre, pour éviter les sept bourdes que tous les novices font (moi compris).

Pourquoi une bonne préparation peut sauver votre trip péruvien ?

Le Pérou, ce n’est pas le massif central ou même vos premiers pas dans les Alpes. Ici, chaque erreur se paie cash : souffle court, pieds trempés, coups de soleil à 4000 mètres… Les locaux me regardaient souvent avec un sourire amusé quand je débarquais équipé comme pour l’Everest mais mal préparé pour la réalité andine. À chaque fois que j’ai pris ça à la légère, j’ai perdu du temps, accumulé une fatigue explosive et connu quelques frayeurs loin du moindre village.

Impossible de jouer aux aventuriers improvisés dans la Cordillère Blanche ou autour du Machu Picchu sans en payer le prix. Une amie a dû abandonner après deux jours sur le Trek du Salkantay (juste avant le col à 4630m) parce qu’elle avait sous-estimé l’acclimatation. Son retour à Lima ? “J’aurais aimé qu’on me prévienne avant…” Voilà pourquoi il faut détailler ces fameuses erreurs, histoire que votre récit soit autre chose qu’un festival de regrets.

Les 7 erreurs classiques des apprentis-trekkeurs au Pérou

Voici ce que je retrouve systématiquement chez les randonneurs croisés sur les sentiers andins (comme ceux du Choquequirao), parfois désespérés devant leur boussole ou rêvant d’une livraison Deliveroo en pleine montagne :

Erreur 1 : Mal planifier son itinéraire (et finir loin du rêve)

Mon premier trek péruvien ? Un topo téléchargé à la va-vite, persuadé que tout serait balisé et facile. La suite ? Bifurcation ratée, montée supplémentaire sous la pluie et nuit improvisée près d’un troupeau de moutons amorphes. Certains itinéraires changent selon la saison, des passages disparaissent, et Google Maps devient vite inutile hors réseau.

Conseil vécu : vérifiez toujours plusieurs sources ! Les applis comme Maps.me ou Gaia GPS sont bien plus fiables que Google là-bas. Wikiloc offre des retours récents, et demander à l’office de tourisme local (iPerú) permet souvent d’éviter des sueurs froides inutiles. Pour les puristes, les guides papier Trailblazer restent la bible des sentiers andins.

Erreur 2 : Négliger l’acclimatation à l’altitude (le faux pas qui cloue tout le monde)

La première fois à 3500 mètres à Cusco (dans le quartier escarpé de San Blas), j’ai ri en lisant “prenez le temps de vous acclimater”. Deux heures plus tard, migraine carabinée, cœur affolé, jambes molles : le fameux MAM (Mal Aigu des Montagnes). L’altitude ne pardonne pas, même aux sportifs. Croire qu’on s’en sortira par magie, c’est la pire arnaque.

Trekking au Pérou Cusco San Blas district

N’entamez jamais un trek juste après votre arrivée ! Accordez-vous au moins deux ou trois jours entre Lima (niveau de la mer) et les montagnes. Hydratez-vous, marchez doucement, testez les fameux bonbons à la feuille de coca ou le Mate de Coca. En pharmacie locale (comme Inkafarma), vous trouverez aussi les Sorojchi Pills ou de l’Acétazolamide (sur avis médical). Surveillez les symptômes graves — essoufflement au repos ou nausées, il faut réagir immédiatement.

Erreur 3 : Choisir un équipement inadapté (et maudire chaque gramme)

Sur mon deuxième trek, j’ai tenté d’économiser sur les chaussures : baskets de ville, grosse erreur. Descendre 1000 mètres de dénivelé sur gravier sous la pluie, c’est redécouvrir le sens du mot “ampoule”.

Trekking au Pérou

Ma checklist gagnante depuis :

  • Chaussures imperméables Gore-Tex déjà faites (type Lowa Renegade ou Salomon Quest, surtout pas neuves),
  • Poncho solide couvrant sac (marque Ferrino ou Sea to Summit),
  • Sac léger (9-10 kg maximum chargé, un Deuter Aircontact est idéal pour le dos),
  • Bâtons télescopiques (un must, comme les Black Diamond Trail),
  • Couches chaudes même en été (polaire Patagonia R1 et doudoune compressible),
  • Lunettes anti-UV efficaces (catégorie 4, type Julbo Sherpa).
Équipement idéal pour un trek au Pérou

N’essayez pas de gratter sur le matos : au Pérou, la météo adore les surprises. Si besoin, complétez votre équipement à Cusco ou Lima chez Tatoo Adventure Gear.

Découvrez notre sélection des plus beaux treks au Pérou

Erreur 4 : Sous-estimer le niveau de difficulté (bonjour, abandon prématuré !)

Combien de voyageurs croisés au retour, lessivés parce qu’ils avaient prévu une étape de 20 kilomètres “facile” ? Personne ne prévient réellement dans les agences locales. Certains tronçons, comme le Col de Warmiwañusca (4200m) sur le Chemin Inca, dépassent largement le niveau annoncé.

La montagne andine est exigeante : différences thermiques, pentes interminables, pistes effondrées. Écoutez plutôt les avis de ceux qui viennent de passer que la pub glossy des sites pro. Et gardez toujours une “journée tampon” pour pouvoir souffler ou raccourcir si besoin.

Trekking au Pérou Warmiwañusca pass

Erreur 5 : Oublier la sécurité (coup de chance ou vraie imprudence ?)

On m’a dit un jour : “Ici tout le monde veille, aucun risque !”. Faux. Le Pérou reste sûr, mais isolement, météo capricieuse et accidents arrivent très vite.

Sans trousse de secours sérieuse (incluant Bétadine, Steri-Strips et antibiotiques à large spectre) ni kit minimal (lampe frontale Petzl, GPS hors-ligne, couverture thermique), on prend des risques idiots. Ce couple allemand, perdu six heures dans le brouillard, aurait pu éviter la panique avec une balise SOS type Garmin inReach Mini ou une appli type GeoResQ. En cas de pépin sérieux, le numéro de la Police du Tourisme (Poltur) est le 105, mais en montagne, ne comptez que sur vous.

Erreur 6 : Ignorer la météo (pluie surprise et panique totale)

La météo andine ? Elle vous fait croire au paradis puis balance une grêle monumentale en dix minutes, typique de la saison des pluies (novembre-avril). J’ai pris ma meilleure douche écossaise pendant que les locaux, impassibles, riaient sous leur poncho.

Deux applications météo valent mieux qu’une : WeatherPro et Windy sont fiables jusqu’au bout de la Vallée Sacrée (secteur Ollantaytambo). Faites comme les guides natifs : partez tôt, couvrez-vous même s’il fait beau, gardez une polaire sèche dans un sac étanche (Dry Bag). C’est la seule garantie de garder moral et orteils intacts.

Trekking au Pérou tempête

Erreur 7 : Méconnaître la culture locale (et passer à côté de la magie)

Ignorer les coutumes locales, c’est passer à côté de l’essence même du Pérou. Combien de randonneurs surpris de devoir négocier un passage sur terrain privé parce qu’ils n’ont pas salué ou donné quelques Soles (PEN) à la communauté ?

Respecter les usages, oser échanger un mot en Quechua (comme « Rimaykullayki » pour dire bonjour), connaître deux légendes locales sur la Pachamama (Terre Mère) ou les Apus (Esprits des montagnes), voilà ce qui transforme une marche en aventure humaine.

Astuce vécue : rapporter un petit cadeau typiquement français (chocolat, autocollants, cartes postales de la Tour Eiffel) pour remercier ceux qui vous accueillent ou renseignent. Ça ouvre des portes inattendues, parfois même celles d’une cuisine familiale perchée à 4000 mètres.

Quechua vieille femme avec un treker au Pérou

Vos questions les plus fréquentes sur le trek au Pérou

Combien de jours prévoir avant d’entamer un trek pour s’acclimater correctement ?

Les plus beaux lieux à voir au Pérou en une semaine

Prévoyez idéalement trois jours complets à Cusco (3400m), Huaraz (3050m) ou Arequipa (2335m) avant de débuter un trek en haute altitude. Cela limite fortement le mal aigu des montagnes. Pendant ce temps, privilégiez :

  • Balades tranquilles en ville (visite du Mercado San Pedro à Cusco par exemple),
  • Hydratation régulière (3L d’eau par jour),
  • Consommation modérée d’aliments lourds (évitez le Cuy ou cochon d’Inde grillé le premier soir),
  • Mise en réserve d’énergie avant l’effort prolongé.
Trekking au Pérou Machu Picchu

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Quel budget prévoir pour l’équipement spécial au Pérou ?

Pour un équipement basique et efficace, comptez entre 150 et 300 euros (environ 600 à 1200 Soles) selon achat, location ou prêt de matériel. Les indispensables comprennent chaussures adaptées, vêtements techniques, poncho, bâtons, mini-trousse de secours et lampe frontale. Voici une estimation indicative :

ÉquipementPrix moyen (€)Marque/Modèle conseillé
Chaussures randonnée70-120Merrell Moab ou Salomon
Poncho/protection pluie15-30Quechua ou Doite (marque locale)
Sac à dos confortable40-80Location Osprey/Deuter à Cusco
Bâtons de marche15-35Black Diamond (souvent louables)
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Quelles applis ou ressources utiliser pour préparer un trek au Pérou ?

Voici les meilleures applications et sites pour réussir sa préparation :

  • Maps.me et Wikiloc pour cartes et tracés GPS hors ligne (téléchargez la carte du Pérou avant de partir),
  • Windy, WeatherPro ou le site du Senamhi (météo nationale péruvienne) pour la météo précise,
  • AllTrails pour vérifier les conditions et lire des avis,
  • Forums spécialisés (Voyage Forum, Lonely Planet Thorntree) pour des retours récents et concrets. Toutes ces ressources évitent les mauvaises surprises logistiques.

Quels gestes clés pour respecter les communautés locales lors d’un trek ?

Commencez toujours par saluer et sourire, demandez systématiquement l’autorisation pour traverser ou photographier (surtout les femmes en tenue traditionnelle colorée). Adaptez votre comportement :

  • Achetez localement (snacks, eau, artisanat textile en alpaga),
  • Donnez une petite contribution (ou « propina ») en cas de service rendu,
  • Partagez vos expériences de manière respectueuse. Ces gestes créent rapidement un lien et évitent tout malentendu culturel.
Christian T.