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Pourquoi marcher dans l’Alfama en mars m’a rendu accro à Lisbonne (et pourquoi vous allez rater une pépite si vous hésitez)

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Alfama en mars Lisbonne
Alfama en mars Lisbonne

Je me revois encore, face au vent léger — cette brise atlantique remontant le Rio Tejo — qui s’engouffre dans les ruelles pentues de l’Alfama, un après-midi de mars. Ce genre de brise qui t’oblige à plisser les yeux et à retenir ton chapeau d’un geste nerveux – celui que j’avais bêtement laissé à l’hôtel.

Vue panoramique d'une rue escarpée de l'Alfama à Lisbonne en mars. Linge blanc flottant au vent fort, nuages dramatiques et rayons de soleil sur les pavés mouillés entre les immeubles pastel.
L’âme vibrante de l’Alfama se révèle pleinement lors des après-midis venteux de mars à Lisbonne. Dans cette composition cinématique, les ruelles escarpées deviennent le théâtre d’une danse envoûtante : les emblématiques draps blancs étendus aux fenêtres claquent au vent entre les façades pastel. Entre deux nuages dramatiques, des rayons de soleil perçants (god rays) viennent illuminer les pavés calcaires encore humides, créant une atmosphère de clair-obscur saisissante, typique du printemps portugais.

J’étais parti pour le soleil, mais c’est l’âme authentique de Lisbonne sous une météo capricieuse qui m’a piégé. Mars, ce mois “entre-deux” que tout le monde évite… tant mieux ! Si vous hésitez sur la période ou sur quoi explorer hors des sentiers battus, laissez moi vous raconter : je vais vous dévoiler ce que personne ne montre, là où la magie opère sans filtre.

Mars à Lisbonne : que réserve vraiment la météo ?

N’imaginez pas la carte postale écrasée de chaleur. Ma valise débordait de vêtements inadaptés, persuadé de débarquer en été – grosse erreur !. En mars, le thermomètre oscille autour de 17°C l’après-midi, parfois moins, alors gardez toujours un pull à portée de main. J’ai jonglé entre lunettes de soleil et imperméable toute la journée, incapable de prédire le prochain coup de vent.

Gros plan texture Calçada Portuguesa mouillée à Lisbonne en mars. Reflets dorés du soleil dans les flaques d'eau et arrière-plan flou de bâtiments colorés après l'orage.
Le charme de Lisbonne en mars réside aussi dans ses averses passagères. Après l’orage, baissez les yeux pour admirer la Calçada Portuguesa, ce pavage traditionnel en calcaire noir et blanc. L’eau de pluie capture la lumière dorée du soleil couchant (la fameuse golden hour), créant des reflets saisissants où se devinent, en flou, les façades colorées et les azulejos. Une texture photoréaliste qui sublime l’atmosphère après la pluie.

Les précipitations restent modérées, bien loin des déluges parisiens : comptez environ 50 mm sur le mois entier, soit statistiquement moins qu’en novembre ou avril. Un crachin peut surgir sans prévenir, il faut donc prévoir un parapluie compact mais solide (le vent décoiffe sérieusement ici, surtout près du Panthéon National).

Comment est le climat à Lisbonne en mars ?

La récompense ? Cette lumière dorée qui, après chaque averse, sublime les façades pastel comme nulle part ailleurs. C’est là que Lisbonne devient réellement photogénique, particulièrement lors de l’heure dorée (vers 18h30 en mars).

Comment s’habiller sans ressembler à un touriste perdu ?

Oubliez shorts et sandales dès mars. Après deux jours trempé jusqu’aux os, j’ai compris : baskets robustes — indispensables pour dompter la redoutable Calçada Portuguesa (ces pavés de calcaire glissants) —, jeans confortables et pulls légers superposés sont incontournables.

Exploration du quartier historique de l’Alfama par une douce journée de Lisbonne en mars. L’élégance décontractée est de mise pour grimper les escaliers en pierre typiques : un trench-coat beige de qualité et une grosse écharpe en maille suffisent pour affronter la fraîcheur printanière. Entouré de façades authentiques aux peintures écaillées et aux azulejos traditionnels, ce décor offre une esthétique parfaite

L’écharpe devient votre meilleure alliée, du matin au soir. Pour les vrais initiés, un K-way discret sauve plus d’une situation impromptue. Et franchement, rien de plus ridicule qu’un poncho fluo acheté à la va-vite lors d’une saucée soudaine dans une boutique de souvenirs de la Rua Augusta. Restez sobres, adoptez le style portugais : même sous la pluie, les Lisboètes affichent une élégance nonchalante qui force le respect.

Lumière de mars : la photogénie cachée ?

Le vrai secret, c’est cette lumière changeante qui donne aux Azulejos (ces carreaux de faïence bleus ou polychromes) une profondeur insoupçonnée. Certains matins, l’Alfama flotte dans une brume dorée avant de s’embraser vers midi, illuminant la coupole de l’Igreja de Santa Engrácia.

J’ai raté des photos incroyables en oubliant mon appareil, trop occupé à chercher des cafés tranquilles – chaque coin réserve sa surprise, comme ces minuscules autels dédiés à Santo António. La clé ? Flâner tôt, appareil prêt, et s’arrêter quand la lumière caresse les pavés. Les meilleurs clichés ne sont jamais ceux des catalogues : ils naissent des imprévus climatiques de mars, où Lisbonne révèle ses contrastes.

Touristes en mars : foule évitée, erreurs pardonnées

J’appréhendais une ville vide ou triste hors saison. Eh bien, grosse claque ! En mars, l’affluence est idéale. Rien à voir avec la cohue suffocante de juillet-août où les files d’attente pour l’Elevador de Santa Justa sont interminables. Je pouvais respirer sur les miradouros, discuter tranquillement avec les habitants, et profiter d’une place assise dans les tramways grinçants de l’Alfama, le mythique Elétrico 28E (exploit rare, croyez-moi).

Célèbre Tramway 28E jaune circulant dans une rue étroite de l'Alfama à Lisbonne au crépuscule. Ambiance cinématique, éclairage chaud et ciel bleu de mars, sans foule touristique.
L’expérience incontournable d’un voyage à Lisbonne : monter à bord de l’iconique tram jaune. Profitez de votre séjour en mars pour l’emprunter en début de soirée, moment magique où la rame est moins bondée. Alors que le tram file à travers le quartier historique, le flou du mouvement et l’éclairage au tungstène créent une atmosphère nostalgique unique, parfaite pour les amateurs de photographie urbaine et d’authenticité.

Oui, certains restaurants ferment ou réduisent leur carte hors saison. Mais quel plaisir de partager une table sans stress, loin des groupes guidés. Et côté budget ? On économise vite quelques euros sur l’hébergement et les musées – un vrai bonus pour voyager malin, le prix d’une nuitée pouvant chuter de 30 à 40% par rapport à l’été.

Comparaison avec les autres saisons : avantages & pièges

Les puristes du city-break préfèrent mai ou septembre ? Libre à eux, mais ils passent à côté de l’intimité d’une ville juste pour soi. Au printemps, les orangers fleurissent dans les patios secrets, embaumant l’air près du Monastère de São Vicente de Fora. L’été, tout s’alourdit, et la moindre balade devient marathon sous 30°C.

Miser sur Lisbonne en mars, c’est choisir l’authenticité, même si cela implique quelques fermetures imprévues. Pas grave, ça pousse à improviser et à découvrir autrement. Certains commerces rouvrent leurs volets, les événements locaux reprennent : j’ai assisté à un concert de Fado Vadio (fado amateur) réservé aux habitués. Repérer les files courtes devant les pastéis, échanger un sourire complice… Cette discrétion donne accès à des moments volés, bien plus précieux que tous les souvenirs estivaux.

Quelques événements de mars à ne pas louper ?

En mars, j’ai eu droit à la Fête de São José (souvent autour du 19 mars) : ambiance familiale, petit marché artisanal planqué près du Largo do Contador-Mor, tartelettes toutes chaudes en prime. Dans les bars de l’Alfama, les jam sessions et expositions pop-up surgissent sans prévenir.

Gros plan intérieur intime sur les mains d'un musicien jouant de la guitare portugaise (Guitarra Portuguesa) dans une Casa de Fado sombre à Lisbonne. Éclairage à la bougie, ambiance émotionnelle et chaleureuse, convives flous écoutant intensément en arrière-plan.
Impossible de visiter la capitale sans vivre l’expérience d’un dîner-spectacle de Fado. Dans la pénombre d’un restaurant traditionnel, loin des attrape-touristes, l’authenticité prime. Le jeu d’ombres et de lumière ambrée crée une palette cinématographique brute, mettant en valeur l’instrument roi : la guitare portugaise. L’intensité du moment est figée ici, entre la fumée et le recueillement des spectateurs, offrant un aperçu de l’âme vibrante de Lisbonne que vous découvrirez, même en mars.

Astuce : demandez la programmation culturelle dans les boutiques d’artistes locales, notamment celles de la Rua de São João da Praça ; souvent, seules les affiches sur vitrines révèlent une soirée mémorable. Pour les gourmands, des ateliers culinaires s’organisent dans certaines Casas de Fado. Préparer puis partager une soupe Caldo Verde maison (chou vert et chorizo) avec des Lisboètes reste un de mes plus gros coups de cœur du voyage.

Alfama confidentiel : spots secrets et rencontres improbables

C’est ici que Lisbonne dévoile ses vraies couleurs. Loin du parcours classique du tram 28, j’ai suivi mon instinct (et quelques regards amusés) pour tomber sur des pépites inattendues. Une rue raide derrière la Praça do Comércio ? Bingo, aventure garantie !. À force de marche, l’odeur de lessive suspendue et les airs de guitare flottant des balcons de la Rua dos Remédios deviennent guides.

Vue en contre-plongée d'une façade traditionnelle à Lisbonne. Mur couvert d'azulejos bleus et blancs complexes, balcons en fer forgé avec géraniums rouges, sous un ciel bleu clair de mars. Style couverture de magazine.
Quand le ciel se dégage en mars à Lisbonne, le spectacle est au-dessus de nos têtes. Levez les yeux pour admirer cette façade traditionnelle éblouissante. La lumière naturelle et vive du printemps fait ressortir les motifs hyper-détaillés des azulejos bleus et blancs, véritables joyaux de l’architecture locale. Les balcons en fer forgé, garnis de géraniums rouges éclatants, apportent une touche de vie qui contraste magnifiquement avec le bleu limpide du ciel. Une symétrie parfaite digne d’une couverture de magazine de voyage.

Ma récompense : points de vue déserts au lever du soleil sur le Tejo, café fort partagé sur un perron, et l’impression grisante de vivre la ville, pas seulement de la visiter.

Cafés cachés à Alfama : mon top 3 sans file d’attente

Vous cherchez une pause loin des brunchs Instagrammables ? Voici trois adresses jalousement gardées (vous me remercierez plus tard) :

  1. Café O Pescador (près du Largo de São Miguel) : minuscule terrasse sous un figuier, ambiance locale totale, soupe du jour et pasteis faits maison pour moins de 4 €. Parfait refuge quand la bruine débarque.
  2. Pastelaria Alfama Doce (située Rua da Regueira, 39) : zéro touriste, juste des voisins accoudés discutant foot (Benfica ou Sporting ?) et politique. J’y ai dégusté le meilleur Bolo de Arroz – gâteau moelleux à la farine de riz – de ma vie.
  3. A Cesta (vers les Escadinhas de São Estêvão) : à mi-côte, sandwiches sardine-fromage, limonade artisanale. Ambiance bon enfant, jazz doux, et anecdotes savoureuses du patron moustachu.
Photographie culinaire vue de dessus d'un petit-déjeuner portugais sur une terrasse à Lisbonne. Bolo de Arroz (gâteau de riz) et café Bica sur une table en marbre rustique sous la lumière tamisée d'un figuier
S’imprégner de l’ambiance lisboète, c’est aussi prendre le temps. Sur une petite terrasse ombragée, la lumière tachetée du soleil de mars joue à travers les feuilles de figuier, dessinant des ombres complexes sur une vieille table en marbre. Le contraste des textures est saisissant : la croûte dorée et appétissante de la pâtisserie portugaise répond à la céramique rustique de la tasse de café. Une scène authentique qui invite à ralentir le rythme.

Ce trio prouve qu’on peut bien manger, simplement et localement – il suffit d’oser sortir des axes touristiques comme la Rua de São Pedro. Et côté budget, l’addition dépasse rarement 6 €, boisson comprise (souvent une Imperial, la bière pression locale). De quoi revenir sans se ruiner….

Points de vue insoupçonnés : où voir Lisbonne sans bousculade ?

Oubliez le Miradouro de Santa Luzia saturé de selfies et ses pergolas bondées. Mes deux révélations ?

D’abord le Miradouro do Recolhimento. Accessible via un escalier abrupt presque secret derrière une vieille supérette, rue Beco do Recolhimento. Là-haut, panorama bluffant : le Tage, les toits orangés, l’imposante Igreja de São Vicente, et surtout, un silence total. Seul face à la ville.

Paysage panoramique au coucher du soleil depuis le Miradouro do Recolhimento à Lisbonne en mars. Vue sur le Tage, les toits de l'Alfama et le Pont du 25 avril au loin, encadrée par des bougainvilliers. Lumière dorée douce, atmosphère paisible et sereine sans touristes.
La majesté tranquille de Lisbonne se révèle au crépuscule. Depuis un belvédère caché surplombant le fleuve, une atmosphère paisible règne, loin de l’agitation urbaine. Profitez des journées qui rallongent en mars pour admirer ce spectacle : une lumière dorée et volumétrique enveloppe la ville, faisant rougeoyer les tuiles de l’Alfama. C’est l’heure où le Tage scintille et où le Pont du 25 avril se dessine à l’horizon, offrant un moment de pure contemplation printanière.

Deuxième spot : Jardim da Cerca da Graça (souvent appelé simplement Jardim da Graça), caché derrière une école. Chaises abandonnées, jeunes skateurs, mamies papotant tranquille. Ici, j’ai écrit des pages entières de carnet. C’est LE coin pour savourer un coucher de soleil confidentiel, tout en haut de l’Alfama, loin du tumulte du Miradouro da Senhora do Monte.

Itinéraire “hors radar” pour flâner autrement

Envie d’un parcours unique ? Voici mon tracé insolite, testé et approuvé :

  • Départ depuis la Rua dos Bacalhoeiros (rue calme, marchands traditionnels de morue séchée, juste derrière la Casa dos Bicos).
  • Tournez à gauche sur Beco do Mexias, longez jusqu’à Largo de São Rafael – petite chapelle méconnue, fresques naïves.
  • Poursuivez via Escadinhas de Santo Estêvão : ruelles tortueuses, chats paressant, linge suspendu.
  • Remontez vers Largo das Portas do Sol – arrêtez-vous entre les arcades, près de la statue de São Vicente, point de vue inédit et ombragé.

Ce chemin m’a offert des rencontres improbables : un joueur d’accordéon réclamant une chanson de Brassens, une vieille dame offrant une figue confite après un compliment hésitant en portugais, et surtout, cette sensation grisante d’être seul à explorer un monde suspendu.

Questions essentielles sur Lisbonne en mars

Faut-il réserver son hébergement longtemps à l’avance en mars ? En mars, la demande étant nettement inférieure à celle du plein été, il est possible de réserver une semaine ou deux avant sans stress excessif. Cela dit, pour les hébergements écologiques prisés ou chambres d’hôtes de charme dans l’Alfama (type guesthouses vers le Castelo de São Jorge), un peu d’anticipation garantit le choix idéal. Offres avantageuses à saisir dernière minute. Certains petits hôtels ferment ponctuellement hors-saison. Sondage auprès des voyageurs : 70% trouvent facilement logement en moins de dix jours avant le séjour.

Quels vêtements indispensables pour visiter Lisbonne en mars ? Il faut miser sur la polyvalence :

  • Baskets solides (type sneakers confortables pour les trottoirs irréguliers et pavés humides)
  • Pulls ou sweats manches longues (la laine mérinos est top pour réguler la température)
  • K-way léger ou veste imperméable
  • Écharpe/snood pour les matinées fraîches
  • Un parapluie pliable complète l’ensemble : l’alternance soleil/averses est fréquente en mars.

Y a-t-il des visites ou activités originales spécifiques à mars ? Absolument. Beaucoup d’ateliers d’artisanat (peinture sur azulejos), expositions éclair au Museu do Fado ou concerts ouvrent leurs portes aux amateurs curieux et peu nombreux. Les guides locaux proposent des circuits “initiation au street-art” (vers la Mouraria) ou des balades gourmandes autour du poisson frais, souvent à tarifs réduits. Dégustations de recettes printanières comme les fèves au chorizo (Favas com chouriço) dans de petits restaurants familiaux. Marchés temporaires artisanaux liés aux fêtes religieuses (Pâques approche souvent fin mars). Petite astuce : renseignez-vous la veille auprès des commerçants, cette flexibilité est typique à Lisbonne.

Quels comportements adopter pour respecter les coutumes locales ? Saluer poliment (“Bom dia” le matin, “Boa tarde” l’après-midi), ne jamais refuser un café (Bica) offert, et poser ses questions avec tact – les gens aiment expliquer leur quartier mais détestent être photographiés sans accord préalable. Évitez de parler fort ou de monopoliser l’espace dans les petites rues. Laisser toujours passer la poussette ou le vieil homme en canne dans les escaliers étroits. Remercier systématiquement (“Obrigado” si vous êtes un homme, “Obrigada” si vous êtes une femme). Ce sont de petits gestes, mais ici, ils changent tout dans la qualité des échanges.

Vous prévoyez de visiter Lisbonne pour la première fois ? Dans cette vidéo, nous vous présentons les *12 incontournables* à voir et à faire dans la magnifique capitale du Portugal ! De l’exploration du quartier historique de l’Alfama à la dégustation des célèbres Pastéis de Belém, ce guide vous assure de ne rien manquer. 🚋 Au programme : Découvrez les *monuments emblématiques* de Lisbonne comme la Tour de Belém et le Château de São Jorge.
Faites un tour à bord du **tramway 28**.
Promenez-vous dans les quartiers animés comme le Bairro Alto et la Praça do Comércio.
Et bien sûr, dégustez la délicieuse cuisine portugaise !
🌟 BONUS : Si vous avez un peu plus de temps, ne manquez pas notre bonus sur Sintra et Cascais, deux magnifiques destinations à proximité de Lisbonne qui méritent le détour.
Christian T.