Je me revois encore, face au vent léger — cette brise atlantique remontant le Rio Tejo — qui s’engouffre dans les ruelles pentues de l’Alfama, un après-midi de mars. Ce genre de brise qui t’oblige à plisser les yeux et à retenir ton chapeau d’un geste nerveux – celui que j’avais bêtement laissé à l’hôtel.

J’étais parti pour le soleil, mais c’est l’âme authentique de Lisbonne sous une météo capricieuse qui m’a piégé. Mars, ce mois “entre-deux” que tout le monde évite… tant mieux ! Si vous hésitez sur la période ou sur quoi explorer hors des sentiers battus, laissez moi vous raconter : je vais vous dévoiler ce que personne ne montre, là où la magie opère sans filtre.
Mars à Lisbonne : que réserve vraiment la météo ?
N’imaginez pas la carte postale écrasée de chaleur. Ma valise débordait de vêtements inadaptés, persuadé de débarquer en été – grosse erreur !. En mars, le thermomètre oscille autour de 17°C l’après-midi, parfois moins, alors gardez toujours un pull à portée de main. J’ai jonglé entre lunettes de soleil et imperméable toute la journée, incapable de prédire le prochain coup de vent.

Les précipitations restent modérées, bien loin des déluges parisiens : comptez environ 50 mm sur le mois entier, soit statistiquement moins qu’en novembre ou avril. Un crachin peut surgir sans prévenir, il faut donc prévoir un parapluie compact mais solide (le vent décoiffe sérieusement ici, surtout près du Panthéon National).
Comment est le climat à Lisbonne en mars ?
La récompense ? Cette lumière dorée qui, après chaque averse, sublime les façades pastel comme nulle part ailleurs. C’est là que Lisbonne devient réellement photogénique, particulièrement lors de l’heure dorée (vers 18h30 en mars).
Comment s’habiller sans ressembler à un touriste perdu ?
Oubliez shorts et sandales dès mars. Après deux jours trempé jusqu’aux os, j’ai compris : baskets robustes — indispensables pour dompter la redoutable Calçada Portuguesa (ces pavés de calcaire glissants) —, jeans confortables et pulls légers superposés sont incontournables.

L’écharpe devient votre meilleure alliée, du matin au soir. Pour les vrais initiés, un K-way discret sauve plus d’une situation impromptue. Et franchement, rien de plus ridicule qu’un poncho fluo acheté à la va-vite lors d’une saucée soudaine dans une boutique de souvenirs de la Rua Augusta. Restez sobres, adoptez le style portugais : même sous la pluie, les Lisboètes affichent une élégance nonchalante qui force le respect.
Lumière de mars : la photogénie cachée ?
Le vrai secret, c’est cette lumière changeante qui donne aux Azulejos (ces carreaux de faïence bleus ou polychromes) une profondeur insoupçonnée. Certains matins, l’Alfama flotte dans une brume dorée avant de s’embraser vers midi, illuminant la coupole de l’Igreja de Santa Engrácia.
J’ai raté des photos incroyables en oubliant mon appareil, trop occupé à chercher des cafés tranquilles – chaque coin réserve sa surprise, comme ces minuscules autels dédiés à Santo António. La clé ? Flâner tôt, appareil prêt, et s’arrêter quand la lumière caresse les pavés. Les meilleurs clichés ne sont jamais ceux des catalogues : ils naissent des imprévus climatiques de mars, où Lisbonne révèle ses contrastes.
Touristes en mars : foule évitée, erreurs pardonnées
J’appréhendais une ville vide ou triste hors saison. Eh bien, grosse claque ! En mars, l’affluence est idéale. Rien à voir avec la cohue suffocante de juillet-août où les files d’attente pour l’Elevador de Santa Justa sont interminables. Je pouvais respirer sur les miradouros, discuter tranquillement avec les habitants, et profiter d’une place assise dans les tramways grinçants de l’Alfama, le mythique Elétrico 28E (exploit rare, croyez-moi).

Oui, certains restaurants ferment ou réduisent leur carte hors saison. Mais quel plaisir de partager une table sans stress, loin des groupes guidés. Et côté budget ? On économise vite quelques euros sur l’hébergement et les musées – un vrai bonus pour voyager malin, le prix d’une nuitée pouvant chuter de 30 à 40% par rapport à l’été.
Comparaison avec les autres saisons : avantages & pièges
Les puristes du city-break préfèrent mai ou septembre ? Libre à eux, mais ils passent à côté de l’intimité d’une ville juste pour soi. Au printemps, les orangers fleurissent dans les patios secrets, embaumant l’air près du Monastère de São Vicente de Fora. L’été, tout s’alourdit, et la moindre balade devient marathon sous 30°C.
Miser sur Lisbonne en mars, c’est choisir l’authenticité, même si cela implique quelques fermetures imprévues. Pas grave, ça pousse à improviser et à découvrir autrement. Certains commerces rouvrent leurs volets, les événements locaux reprennent : j’ai assisté à un concert de Fado Vadio (fado amateur) réservé aux habitués. Repérer les files courtes devant les pastéis, échanger un sourire complice… Cette discrétion donne accès à des moments volés, bien plus précieux que tous les souvenirs estivaux.
Quelques événements de mars à ne pas louper ?
En mars, j’ai eu droit à la Fête de São José (souvent autour du 19 mars) : ambiance familiale, petit marché artisanal planqué près du Largo do Contador-Mor, tartelettes toutes chaudes en prime. Dans les bars de l’Alfama, les jam sessions et expositions pop-up surgissent sans prévenir.

Astuce : demandez la programmation culturelle dans les boutiques d’artistes locales, notamment celles de la Rua de São João da Praça ; souvent, seules les affiches sur vitrines révèlent une soirée mémorable. Pour les gourmands, des ateliers culinaires s’organisent dans certaines Casas de Fado. Préparer puis partager une soupe Caldo Verde maison (chou vert et chorizo) avec des Lisboètes reste un de mes plus gros coups de cœur du voyage.
Alfama confidentiel : spots secrets et rencontres improbables
C’est ici que Lisbonne dévoile ses vraies couleurs. Loin du parcours classique du tram 28, j’ai suivi mon instinct (et quelques regards amusés) pour tomber sur des pépites inattendues. Une rue raide derrière la Praça do Comércio ? Bingo, aventure garantie !. À force de marche, l’odeur de lessive suspendue et les airs de guitare flottant des balcons de la Rua dos Remédios deviennent guides.

Ma récompense : points de vue déserts au lever du soleil sur le Tejo, café fort partagé sur un perron, et l’impression grisante de vivre la ville, pas seulement de la visiter.
Cafés cachés à Alfama : mon top 3 sans file d’attente
Vous cherchez une pause loin des brunchs Instagrammables ? Voici trois adresses jalousement gardées (vous me remercierez plus tard) :
- Café O Pescador (près du Largo de São Miguel) : minuscule terrasse sous un figuier, ambiance locale totale, soupe du jour et pasteis faits maison pour moins de 4 €. Parfait refuge quand la bruine débarque.
- Pastelaria Alfama Doce (située Rua da Regueira, 39) : zéro touriste, juste des voisins accoudés discutant foot (Benfica ou Sporting ?) et politique. J’y ai dégusté le meilleur Bolo de Arroz – gâteau moelleux à la farine de riz – de ma vie.
- A Cesta (vers les Escadinhas de São Estêvão) : à mi-côte, sandwiches sardine-fromage, limonade artisanale. Ambiance bon enfant, jazz doux, et anecdotes savoureuses du patron moustachu.

Ce trio prouve qu’on peut bien manger, simplement et localement – il suffit d’oser sortir des axes touristiques comme la Rua de São Pedro. Et côté budget, l’addition dépasse rarement 6 €, boisson comprise (souvent une Imperial, la bière pression locale). De quoi revenir sans se ruiner….
Points de vue insoupçonnés : où voir Lisbonne sans bousculade ?
Oubliez le Miradouro de Santa Luzia saturé de selfies et ses pergolas bondées. Mes deux révélations ?
D’abord le Miradouro do Recolhimento. Accessible via un escalier abrupt presque secret derrière une vieille supérette, rue Beco do Recolhimento. Là-haut, panorama bluffant : le Tage, les toits orangés, l’imposante Igreja de São Vicente, et surtout, un silence total. Seul face à la ville.

Deuxième spot : Jardim da Cerca da Graça (souvent appelé simplement Jardim da Graça), caché derrière une école. Chaises abandonnées, jeunes skateurs, mamies papotant tranquille. Ici, j’ai écrit des pages entières de carnet. C’est LE coin pour savourer un coucher de soleil confidentiel, tout en haut de l’Alfama, loin du tumulte du Miradouro da Senhora do Monte.
Itinéraire “hors radar” pour flâner autrement
Envie d’un parcours unique ? Voici mon tracé insolite, testé et approuvé :
- Départ depuis la Rua dos Bacalhoeiros (rue calme, marchands traditionnels de morue séchée, juste derrière la Casa dos Bicos).
- Tournez à gauche sur Beco do Mexias, longez jusqu’à Largo de São Rafael – petite chapelle méconnue, fresques naïves.
- Poursuivez via Escadinhas de Santo Estêvão : ruelles tortueuses, chats paressant, linge suspendu.
- Remontez vers Largo das Portas do Sol – arrêtez-vous entre les arcades, près de la statue de São Vicente, point de vue inédit et ombragé.
Ce chemin m’a offert des rencontres improbables : un joueur d’accordéon réclamant une chanson de Brassens, une vieille dame offrant une figue confite après un compliment hésitant en portugais, et surtout, cette sensation grisante d’être seul à explorer un monde suspendu.
Questions essentielles sur Lisbonne en mars
Faut-il réserver son hébergement longtemps à l’avance en mars ? En mars, la demande étant nettement inférieure à celle du plein été, il est possible de réserver une semaine ou deux avant sans stress excessif. Cela dit, pour les hébergements écologiques prisés ou chambres d’hôtes de charme dans l’Alfama (type guesthouses vers le Castelo de São Jorge), un peu d’anticipation garantit le choix idéal. Offres avantageuses à saisir dernière minute. Certains petits hôtels ferment ponctuellement hors-saison. Sondage auprès des voyageurs : 70% trouvent facilement logement en moins de dix jours avant le séjour.
Quels vêtements indispensables pour visiter Lisbonne en mars ? Il faut miser sur la polyvalence :
- Baskets solides (type sneakers confortables pour les trottoirs irréguliers et pavés humides)
- Pulls ou sweats manches longues (la laine mérinos est top pour réguler la température)
- K-way léger ou veste imperméable
- Écharpe/snood pour les matinées fraîches
- Un parapluie pliable complète l’ensemble : l’alternance soleil/averses est fréquente en mars.
Y a-t-il des visites ou activités originales spécifiques à mars ? Absolument. Beaucoup d’ateliers d’artisanat (peinture sur azulejos), expositions éclair au Museu do Fado ou concerts ouvrent leurs portes aux amateurs curieux et peu nombreux. Les guides locaux proposent des circuits “initiation au street-art” (vers la Mouraria) ou des balades gourmandes autour du poisson frais, souvent à tarifs réduits. Dégustations de recettes printanières comme les fèves au chorizo (Favas com chouriço) dans de petits restaurants familiaux. Marchés temporaires artisanaux liés aux fêtes religieuses (Pâques approche souvent fin mars). Petite astuce : renseignez-vous la veille auprès des commerçants, cette flexibilité est typique à Lisbonne.
Quels comportements adopter pour respecter les coutumes locales ? Saluer poliment (“Bom dia” le matin, “Boa tarde” l’après-midi), ne jamais refuser un café (Bica) offert, et poser ses questions avec tact – les gens aiment expliquer leur quartier mais détestent être photographiés sans accord préalable. Évitez de parler fort ou de monopoliser l’espace dans les petites rues. Laisser toujours passer la poussette ou le vieil homme en canne dans les escaliers étroits. Remercier systématiquement (“Obrigado” si vous êtes un homme, “Obrigada” si vous êtes une femme). Ce sont de petits gestes, mais ici, ils changent tout dans la qualité des échanges.
Faites un tour à bord du **tramway 28**.
Promenez-vous dans les quartiers animés comme le Bairro Alto et la Praça do Comércio.
Et bien sûr, dégustez la délicieuse cuisine portugaise !
🌟 BONUS : Si vous avez un peu plus de temps, ne manquez pas notre bonus sur Sintra et Cascais, deux magnifiques destinations à proximité de Lisbonne qui méritent le détour.
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