Locaux Le Bonbon

Interview d’Antoine Lebrun – Rédacteur en chef Le Bonbon Lyon

Peux-tu te présenter et présenter ton parcours ?

Photo d'Antoine Lebrun

Je m’appelle Antoine Lebrun, j’ai 29 ans et mon parcours scolaire est le parcours classique pour devenir rédacteur en chef : j’ai fait une licence de journalisme à Lyon, ma ville d’origine, puis je suis parti sur Paris pour valider mon master à l’ISFJ dans le 15e arrondissement. J’ai débuté ma carrière professionnelle dans la capitale mais je suis vite retourné dans ma ville natale pour d’abord télé-travailler dans la même rédaction jusqu’à fin 2016 pour ensuite intégrer le Bonbon Lyon en février 2017.

 

Peux-tu nous présenter brièvement Le Bonbon Lyon et les services qu’il propose ?

Le Bonbon a été créé à Paris il y a 10 ans par Jacques De La Chaise, qui est toujours à sa tête. Il s’est inspiré d’un concept américain qui mettait en avant des commerces pour lesquels des bons de réductions étaient proposés. Grâce à l’expansion d’Internet, le Bonbon a explosé sur la version digitale. Suite à ce succès, le président fondateur lance Le Bonbon dans la plupart des grandes villes de France. Le Bonbon Lyon est apparu il y a six ans. C’est un média urbain, un guide incontournable des bonnes adresses, des bons plans culturels et évènementiels. C’est la « bible » d’un public jeune et dynamique friand de découvrir de nouveaux endroits. Il est donc adapté pour les locaux mais aussi les nouveaux venus comme les étudiants.

Au départ, Le Bonbon était très tourné vers le festif, avec les bars et les restaurants. Au fil du temps, nous nous sommes développés autour de l’activité globale de la ville pour la mettre en avant à travers des articles drôles qui suivent les tendances actuelles. C’est un média positif où l’on évite de parler des informations anxiogènes qui sont très (trop ?) nombreuses par les temps qui courent.

En résumé : on met en avant des commerces locaux, des nouveaux concepts, on parle d’évènements culturels (concerts, expositions…), tout ce qui met en avant Lyon pour les lecteurs. C’est écrit de façon directe, légère, de sorte à ce qu’on soit proche du lecteur, on écrit comme on parle. On veut que ça donne le plus envie possible.

C’est pour cela que la patte rédactionnelle est l’atout du média et je fais en sorte que tout le monde le fasse : que l’on casse ce qu’on a appris à l’école, je veux insuffler un autre style de rédaction. Pourquoi ne pas rendre l’article attractif ? Il faut arrêter de se prendre au sérieux parce qu’on a fait des études de journalisme, il vaut mieux se rapprocher de Monsieur tout le monde.

 

Quelles sont ses cibles de clientèle ?

Lors de mon arrivée il y a quatre ans, nous étions plus sur le segment 18-25 ans, qui a grandi ce qui fait qu’aujourd’hui, la moitié de notre lectorat a entre 24 et 38 ans ! Ce sont des actifs plus ou moins jeunes qui veulent bouger, des étudiants en fin d’études. Les 18-25 ans sont toujours très présents puisqu’ils représentent 20% de notre lectorat, et les 30% restants vont pour les plus de 50 ans, qui se montrent très présents lors des évènements !

Le bonbon est une équipe très jeune, on évolue en même temps que le lectorat. Il y a 4 ans c’était relativement petit, aujourd’hui ça parait fou, mais ce n’était pas pareil au départ !

J’ai une super anecdote à ce sujet : on organisait un open-air sur les terrasses de l’Hôtel Dieu, et une vingtaine de personnes âgées de 70-80 ans ont débarqué. Un peu gênés, nous avons dit que c’était un évènement privé, et ils nous ont répondu qu’ils étaient bien là suite à nos publications ! Le Bonbon devient intergénérationnel, le public vient de tous les horizons. Ce n’est pas parce qu’on a un ton décalé que l’on ne plait qu’aux jeunes.

 

Quelles sont tes missions au quotidien ?

En plus d’être rédacteur en chef, je suis également le community manager, j’anime la page Facebook du Bonbon Lyon, là où la communauté est la plus importante (120 000 abonnés à ce jour) où je publie en moyenne six post : trois « nouveaux » articles sur les actualités lyonnaises, deux reposts et un article issu de la rédaction parisienne qui parle de l’actualité nationale. En ce qui concerne Instagram, qui est un média à part entière, on partage en photo les actualités que l’on trouve sur le site de façon plus condensée. Chaque publication est accompagnée d’une belle photo de la ville. Je n’ai pas de planning strict, on me laisse carte blanche, bien que Lyon dépende de la direction de Paris. Si je souhaite changer mon style d’article, l’heure des publications, du moment que cela fonctionne, on me laisse faire.

En tant que journaliste, je sélectionne des sujets d’actualité que j’ai soit reçu par mail soit mis de côté. Cette partie de sélection est très importante car c’est l’intérêt que les gens vont porter au sujet.

En tant que rédacteur en chef, je gère une équipe de quatre personnes composée de rédacteurs et de commerciaux.

 

Comment Le Bonbon utilise les réseaux sociaux sur le plan marketing ?

Nous ne sponsorisons pas nos post sur les réseaux sociaux sauf exception : depuis mon arrivée, seulement deux ou trois clients ont voulu payer pour cela. On estime que cela n’est pas utile grâce à notre rayonnement, mais s’ils le désirent, cela permettra de faire vivre l’article plus longtemps et touchera plus de monde.

Comment vois-tu l’évolution de l’utilisation des réseaux sociaux (TikTok, Youtube…) en termes de partage d’informations et de divertissement ?

Je ne connais pas Tik Tok, à part ce que l’on peut voir à la télé. C’est un réseau social assez jeune porté sur la performance artistique et/ou physique. Par rapport à notre identité, je ne pense pas que nous ayons notre place dessus. Nous nous contentons de Facebook et d’Instagram.

En ce qui concerne Youtube, bien que sur Lyon nous ne souhaitons pas nous mettre sur un autre réseau social pour l’instant, un pôle vidéo existe à Paris que nous pouvons solliciter pour créer du contenu à la demande. À terme, il sera peut-être intéressant d’avoir une chaîne Youtube.

 

T’occupes-tu du référencement grâce au contenu de tes articles ? Si oui, comment t’y prends-tu ?

Chaque article est fait avec une conscience SEO : ils sont rédigés de manière à être référencés de façon rapide et efficace sur Google. J’ai suivi quelques formations d’optimisation, mais avec le temps cela s’apprend tout seul.

 

Quel est le modèle économique du Bonbon par rapport aux articles/publications ?

Les deux commerciaux de l’équipe ont pour mission de vendre de la publicité aux commerçants qui nous semblent intéressants. Cela nous rapporte de l’argent, nous sommes rentables depuis deux ans. Le Bonbon est une entreprise, il faut que le média vive afin que nous nous dégagions un salaire.

Nous avons beaucoup de demandes entrantes de la part de boutiques, de restaurants de l’agglomération mais aussi de la région ainsi que des stations de ski. Cela facilite la tâche de porte à porte des commerciaux puisque nous sommes au courant de ce qu’il se passe dans ces entreprises. Auparavant, c’était « open-bar », nous recommandions gratuitement des établissements sauf que maintenant nos publications ont un impact conséquent qui va forcément se monnayer : un restaurant peut avoir facilement trois semaines de remplissage après un article. C’est une offre commerciale, et nous nous gardons le droit de ne pas travailler avec n’importe qui. Si nous n’aimons pas tel restaurant ou ne validons pas tel produit, nous n’allons pas le recommander. Nos lecteurs ont confiance en nos avis, nous n’allons pas les décevoir.

Le Bonbon conservera toujours son contenu gratuit, c’est ce qui a fait son identité !

Je me répète mais le but d’une société est de faire de l’argent, et notre média a besoin de vivre, c’est une entreprise avec des salariés. Au Bonbon, il nous tient à cœur de conserver l’identité qui a fait notre réussite, c’est pourquoi 80% des articles du site sont écrits sans contrepartie. Seulement 20% sont payés par des entreprises. laisser l’accès libre aux articles, c’est une de nos valeurs que nous ne transgresserons pas. Plus de 80% du site est gratuit, c’est pour cela qu’il fonctionne, cela fait partie de notre identité.

 

Le Bonbon Lyon est indéniablement un acteur du tourisme local de la métropole lyonnaise, et vous avez à cœur de mettre en avant les acteurs locaux, petits comme grands. Comment avez-vous agi durant la crise sanitaire ?

Le Bonbon est un média qui met en avant la ville et les trucs cools que nous pouvons faire. Avec la crise, cela a été très compliqué de ne pas parler de choses négatives. Nous nous voulons proches des Lyonnais, nous avons donc mis en avant des initiatives solidaires et rigolotes qui méritaient de l’être, dans le but de partager des actions qui mettent du baume au cœur pour oublier quelques instants le climat anxiogène dans lequel nous sommes.

Nous avons pourtant dû faire des articles plus classiques portant sur l’actualité pour apporter des informations aux plus jeunes qui ne suivent pas forcément Le Progrès. Mais nous voulons partager au maximum des ondes positives.

 

Quels ont été / sont les principaux facteurs clés de succès qui ont servi à développer votre audience pendant et après (cet été) la crise ?

Nous n’avons pas développé notre succès avec la crise, bien au contraire. Nous avons dû nous réinventer comme nous ne pouvions plus parler d’expositions ni d’évènements. Nous ne voulions pas être un « média Covid », donc nous avons pris un mois de réflexion pour nous adapter à notre lectorat. Cela a fonctionné puisque nous avons continué à accueillir de nouveaux abonnés, qui varient entre 1000 et 3000 chaque semaine, et je le rappelle, sans contenu sponsorisé. Nous avons une portée naturelle grâce aux jeunes ultra-connectés qui ont créé cet effet boule de neige : « tiens ça a l’air sympa cette publication qu’un tel a commenté, je vais aller suivre ».

 

Comment imagines-tu Le Bonbon d’ici cinq ans ? (Objectifs, vision…)

Dans cinq ans… si nous suivons la courbe qui est la nôtre depuis mon arrivée, il y a moyen que ça devienne vraiment énorme ! J’étais seul à travailler jusqu’en début d’année 2019 et aujourd’hui nous sommes cinq. Dans ce cas, nous devrions être une dizaine à travailler dans un rayonnement bien plus large que l’agglomération, nous couvririons l’ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Le Bonbon Lyon est une locomotive, il y a des jours où notre rédaction fonctionne mieux que celle de Paris où ils sont 40 ! Sur le digital nous sommes bons, nous allons continuer dans cette dynamique. À terme, peut-être que nous copierons leur modèle avec le pôle vidéo, avoir un pôle évènementiel plus développé en tant que média, qui organiserait des évents au nom du Bonbon. Après avoir recommandé des trucs cools à faire, autant que nous proposions des trucs cools à faire !

Comme tous, le Covid nous a un peu coupé l’herbe sous le pied puisque nous ne pouvions plus organiser d’évènements dans des lieux « coup de poing » (comme l’Hôtel Dieu), mais nous allons tout mettre en œuvre pour en refaire. Mais nous n’oublions pas que nous sommes avant tout un média, c’est ce qui a fait notre force !

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