• Parlez-moi de votre parcours scolaire et de vous-même ?

J’ai 34 ans, je suis originaire de Lille. J’ai obtenu un BAC général Sciences Economiques et Sociales en 2005. J’ai d’abord suivi et obtenu un BTS Assistant Trilingue (français, anglais, espagnol) pendant lequel j’ai effectué deux stages de 2 mois à l’étranger, l’un à Barcelone, l’autre à Canterbury en Angleterre. Paradoxalement, le métier d’assistant ne m’intéressait pas, j’avais envie d’explorer autre chose. Très jeune déjà, j’étais intriguée par les publicités qui passaient à la télé et je me demandais comment et qui créait cela. J’ai continué mes études vers une licence de Management et Stratégie des Entreprises (option marketing) en alternance à Lille que j’ai réalisée à La Voix du Nord, au service marketing et partenariats. Est arrivée la crise économique de 2008-2009 qui m’a mise au chômage partiel comme de nombreux collaborateurs à cette époque. J’ai saisi cette vague creuse pour reprendre deux années de Master en alternance, intitulé également Management et Stratégie des Entreprises, cette fois-ci avec l’option communication. Ces deux années, je les ai faites au sein du Groupe DPS (aujourd’hui Syneido), agence de communication globale à Lille et à Paris. J’ai découvert le fonctionnement d’une agence de com’ et pu développer mon esprit créatif. Je découvrais enfin les coulisses d’une pub TV

A ce moment-là, j’avais envie de créer quelque chose mais je ne savais pas quoi. Je cherchais en permanence des idées innovantes jusqu’à ce que je me lance dans mon premier projet d’entreprise, Belle enVol : service de manucure ambulant en zone d’embarquement des aéroports. Je venais d’arriver à Paris. J’ai travaillé sur ce projet pendant 10 mois, j’ai énormément grandi pendant cette période entrepreneuriale.

J’ai travaillé pendant 4 ans dans un Groupe de Protection Sociale, B2V au service communication. Au bout de 4 ans, j’avais le sentiment d’avoir fait le tour de la question alors l’envie de me lancer dans un nouveau challenge me trottait à nouveau dans la tête. J’ai quitté mon poste, travaillé pendant 6 mois comme responsable communication d’un groupe de réseau de crèches privées. Je savais que c’était provisoire car je voulais à ce moment-là aider l’entreprise de mon père à se développer. C’était très enrichissant sur le plan professionnel mais pour la première fois, je découvrais un management qui ne me convenait pas du tout, à l’opposé de la bienveillance que j’aimais recevoir et aujourd’hui que je transmets (j’espère).

Me voilà donc chez Ludodiffusion, l’entreprise de mon père en difficulté qui vend des produits ludo-éducatifs. J’ai travaillé 6 mois sur l’identité visuelle, sur le lancement d’un nouveau produit et sur le développement commercial.

Mais un jour, il y a eu la rencontre coup de cœur de Franck Le Roux, puis Emmanuelle Rome. Evi Hob est apparu rapidement comme une évidence !

Un positionnement inédit, un concept innovant, une réponse à un enjeu social et sociétal et surtout une équipe aux valeurs communes. En bref, les ingrédients parfaits pour créer et développer comme j’aime… Me voilà donc co-fondatrice de la marque Evi Hob depuis 2019.

  • Quelles sont les motivations et les enjeux d’Evi Hob ?

La première motivation d’Evi Hob, c’est de répondre à un problème ! Selon Atout France, on constate chaque année 200 fermetures de petits hôtels de moins de 50 chambres, en zone rurale. La première réaction est souvent la suivante « c’est normal, c’est à la campagne, ils ne fonctionnent pas ! ». Mais l’expérience de Franck Le Roux dans le tourisme nous a amenée à creuser les raisons. Et force est de constater que ces structures font preuve bien souvent d’une performance économique. La raison n’est donc pas celle-ci mais réside dans le manque de repreneur. Jusqu’alors, les marques s’orientaient vers le tourisme de masse en zone très urbaine : Mama Shelter, Jo&Joe, Eklo Hôtels, Okko Hôtels…

Aucune marque intégrée ne s’est intéressée à ce positionnement. Il existe bien sûr des chaînes volontaires comme Logis Hôtels ou Brit Hôtels ou encore The Originals mais celles-ci ne rachètent pas les structures une fois fermées car leur métier est d’apporter uniquement les supports de communication et de commercialisation. Nous ne jetons pas la pierre à ces marques car pour rentabiliser les petits hôtels en tant que marque, il fallait revoir tout un modèle économique traditionnel. C’est ce qu’Evi Hob a pris le temps de faire.
L’autre motivation est la conséquence de la première. Un hôtel en zone rurale qui ferme, c’est toute une partie de l’économie locale qui s’effondre ! En moyenne, un voyageur dépense la valeur de la moitié du montant de son séjour dans les commerces de proximité. Alors, le calcul est vite fait !

Depuis le lancement de l’activité, nous avons reçu 150 sollicitations dans le cadre de reprises, cela est le reflet d’un marché à potentiel.

Evi Hob a été pensé avant le covid car la tendance de voyage de proximité, de nature, de retour aux sources, nous l’avions perçue avant. Mais elle a été largement accentuée avec l’arrivée de la crise sanitaire. Aujourd’hui, nous répondons à une demande des voyageurs en quête d’authenticité, de convivialité, d’immersion locale.

Enfin nous avons élaboré une feuille de route en matière d’éco-responsabilité. Aujourd’hui, on sait qu’un voyageur est prêt à dépenser plus d’argent pour voyager plus durablement, de façon plus engagée et choisir ainsi la bonne structure. Evi Hob travaille à obtenir les Label clé verte et Tourisme Handicap pour chacun de ses hobs. Toutes nos actions opérationnelles prennent en considération les critères liés à la protection de l’environnement et à l’inclusion. Pour preuve, nous avons choisi un véhicule de financement Lita.co qui mesure l’ensemble de nos actions à impact positif.

  • Que pensez-vous des perspectives d’avenir pour ce milieu ?

Je pense que les perspectives d’avenir existent !
Ce n’est pas pour rien qu’on voit émerger de nouvelles marques ces dernières années comme Greentrip, GreenGo, WeGoGreenR (plateforme de commercialisation de séjours écolo) ou encore plus récemment, Vilaj, Gogaille, Fairmoov, Explora Project.

Certains diront que le marché du tourisme responsable est encore immature, notamment la marque VaoVert qui vient de stopper son activité, pourtant si bien partie. Moi, je pense qu’il faut trouver le bon dosage, c’est-à-dire ne pas faire de l’environnement l’objet de toutes les communications. Il faut à mon sens d’abord mettre en avant une expérience de séjour, de resto, de bar, de co-working différente et innovante qu’on n’oubliera pas et ensuite préciser que cette expérience se fera dans un lieu engagé sur les plans sociaux, sociétaux et environnementaux. Ça, c’est la cerise sur le gâteau !

Mais toutes les études de marché confirment que les voyants du tourisme durable, responsable, local sont au vert et que nous pouvons continuer notre route au rythme de la conscience des voyageurs.

  • Comment vous vous organisez pour fidéliser votre clientèle durant la crise sanitaire ?

Nous n’étions pas dans une phase de fidélisation. Nous avons lancé notre premier hob en mai 2021, à la suite du deuxième confinement. Alors l’enjeu n’était pas à la fidélisation mais à la conquête ! Nous avons beaucoup communiqué sur les Réseaux Sociaux, à travers des campagnes SEA, dans la presse. Et nous avons également je dois le dire bénéficier d’un contexte favorable au voyage en France alors nous avons rapidement eu un taux d’occupation important. Mais notre objectif était d’avoir une bonne satisfaction client pour leur donner envie d’en savoir plus sur la marque. Le hob Alénya a gagné 1 point sur Booking et Google en 6 mois et 220 avis. Nous allons maintenant pouvoir travailler la fidélisation des clients existants. Nous avons à cet effet installer un CRM pour pouvoir connaître nos clients, les informer des prochaines ouvertures, leur offrir des privilèges, créer la route des hobs, développer un système de parrainage. Nous avons plein d’idées qu’il faut structurer.
A titre personnel, je pense qu’il est plus facile de fidéliser une clientèle en période de covid qu’en période normale où l’offre est beaucoup plus vaste. L’enjeu sera de garder notre clientèle une fois que les voyages à l’étranger auront repris, véritablement.

  • Quel est la place du Digital dans le marketing de Evi Hob 

Le digital occupe une place prépondérante dans la stratégie marketing et communication d’Evi Hob. En phase de lancement, c’est le canal le plus approprié pour se faire connaître rapidement et à des coûts maîtrisés. Au commencement d’Evi Hob et avant même d’avoir un hob, nous avions lancé une landing page pour présenter le concept du hob et faire du teasing sur la marque. Nous avions également créé un compte Instagram, un compte Facebook et une page Linkedin, un compte YouTube, dédiés à la marque. Nous avions également travaillé nos relations presse pour obtenir des retombées médiatiques sur le Web dans le but de favoriser la notoriété mais également notre référencement naturel.

Aujourd’hui, le digital fait partie intégrante de notre stratégie tant en termes de commercialisation que de communication. Le site Internet est devenu un site vendeur avec une identité de marque bien marquée grâce à notre plateforme de marque. Nous incitons les utilisateurs à s’inscrire à la newsletter afin de leur envoyer de l’information sur Evi Hob et ainsi garder le lien mais toujours de façon modérée. Nous avons signé des partenariats avec des plateformes engagées de référencement voire de revente comme Greentrip, WeGoGreenR, Emmènetonchien.com pour plus de visibilité (avec relais réciproque sur les RS). Nous avons développé considérablement notre communauté sur les Réseaux Sociaux en développant des partenariats de communication avec des marques déjà bien implantée qui partagent nos valeurs afin de gagner en visibilité et travailler notre image de marque. Nous utilisons régulièrement les bonnes pratiques des RS avec l’organisation de jeux concours, la mise en avant des acteurs locaux en les identifiant, les collaborations avec des influenceurs (la première aura lieu cette année avec Alexis Marcellin, photographe), la diffusion de campagnes sponsorisées ciblées, des campagnes de retargeting à des moments phares de l’année. Notre page Linkedin est également une vitrine essentielle dans la croissance d’Evi Hob. D’abord, elle permet de s’exprimer sur la marque employeur et ainsi séduire les meilleurs candidats. Elle est l’endroit également de séduction pour les potentiels partenaires financiers. Et enfin, je considère que les professionnels qui sont sur Linkedin sont avant tout des personnes qui consomment et donc de potentiels clients ou futurs clients.

Nous utilisons bien entendu le SEA pour développer la visibilité et les ventes considérablement en gérant bien le budget quotidien (campagnes Google Ads). Nous achetons des mots-clés et réalisons des annonces sur Google. Cette année, nous testons le display également, de la publicité via Google sur des sites Internet qui intéressent notre cible. Le SEA est indispensable pour une marque, notamment en phase de lancement et permet une très bonne analyse du retour sur investissement.

La clé de succès à mon sens pour réussir ses actions digitales, c’est l’analyse des KPI hebdomadairement pour une parfaite maîtrise et réajuster les campagnes le cas échéant.

Pour finir, le SEO (référencement naturel) est peut-être l’action la plus importante pour une notoriété et visibilité optimale. Cette mission prend beaucoup de temps (6 mois de travail) et s’entretient au fil de l’eau. Nous n’avons pas encore travaillé le SEO, mais il est prévu dans les prochaines semaines. C’est pour cela qu’aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous passer du SEA pour une visibilité immédiate.

Nous mettons en place actuellement également un CRM  et une solution digitale pour analyser la satisfaction client qui vont nous permettre de nous constituer un fichier clients, de les connaître davantage, de garder le lien avec eux en pré-séjour, pendant séjour et post séjour via des campagnes d’emailings ciblées, d’analyser leur satisfaction et de les fidéliser. Nous donnons également accès à nos voyageurs à la WebAp du hob dans laqelle se trouve toutes les informations pratiques du hob, la liste des événements, la possibilité de personnaliser son parcours touristique, de réserver une table au resto, un créneau au spa, etc. Cet outil, au-delà de faciliter les séjours de nos clients nous permet de mettre en avant la marque, les autres hobs, véhiculer le dynamisme et ainsi de faire adhérer les clients à la marque Evi Hob. Cela sert en particulier pour les clients qui viendraient de Booking et qui ne connaitraient pas la marque en tant que telle.

  • Est-ce que Evi Hob utilise tous les leviers du marketing digital ?

Je vois 6 leviers majeurs :

  • Le site Internet
  • Les réseaux sociaux
  • Les emailings
  • Le SEA
  • Le SEO
  • Le référencement sur les sites partenaires (vitrine ou commercialisation)

Je pense que nous utilisons l’ensemble des leviers existants à notre échelle. Bien sûr, chaque canal sera à développer au rythme de notre activité, de nos objectifs et de nos ressources.

  • Que pensez-vous du rôle des OTA dans une activité telle que la vôtre ?

Les OTA sont importants !
Il faut reconnaître que les OTA comme Booking sont une jolie vitrine pour l’établissement et par ricoché de la marque. Le tout est de bien maîtriser les stocks et de ne surtout pas en devenir dépendant (18% de commission). En 2021, pour le hob Alénya, 40% de notre commercialisation a été réalisée via les OTA. Attention, le rôle des OTA varie d’un hob à l’autre. Par exemple, sur nos deux prochains hobs, la part des OTA n’est que 10 et 20%.

En tout état de cause, nous tenons à inverser la tendance avec le temps grâce à notre force de communication. Sur le hob Alénya, en 2022, nous avons un objectif de 30% en ventes directes contre 20% en 2021. Mais nous garderons toujours un stock sur les OTA ne serait-ce que pour la visibilité.

  • Quelle est votre semaine type ?

J’ai un lundi type mais pas une semaine type :

  • Reporting trafic site Internet / retour sur investissement
  • Point avec Maurine, ma collaboratrice en alternance à la communication sur ses actions en cours (Réseaux sociaux, Web Ap, Satisfaction clients…)
  • Comité associés

Mon rôle de Directrice Communication et Marketing :

  • Je définis le plan d’actions de communication annuel, son budget et veille au respect des actions
  • Le site Internet et son animation
  • La communication locale pour faire connaître les hobs
  • Les relations presse avec notre agence de presse
  • La communication sur les hobs (affichage, signalétique, enseignes, tenues…)
  • Mise en place du concept hob et de l’expérience hob dans les reprises (notamment en collaboration avec notre décoratrice d’intérieur, l’exploitation et les équipes sur sites)
  • Animation du CRM et des campagnes marketing
  • Mise en place du chatbot pour chaque hob sur notre site Web
  • Définition des offres commerciales en lien avec la direction commerciales
  • L’animation de la page Linkedin
  • Gestion quotidienne de la satisfaction client
  • Développement du réseau professionnel, relationnel avec les partenaires fidèles
  • Veille concurrentielle et tendances
  • Benchmarks en lien avec la direction commerciale
  • Choix des marques partenaires sur l’ensemble des produits de la marque : produits d’accueil, protocole de soins pour les spas, etc.

Mon rôle d’associée (en collaboration avec mes deux autres associés) :

  • Visites de futurs hobs
  • Pitch devant des potentiels partenaires financiers
  • Prise de décisions stratégique, juridique et financière
  • Reportings devant le comité stratégique
  • Recrutement des postes clés

Quelle est la place de votre service au sein du groupe ?

Le service marketing et communication joue un rôle transverse au sein d’Evi Hob. Il est en lien étroit et permanent avec l’ensemble des autres services du siège et des hobs : exploitation, RH, commercial, développement, finance.

Avec l’exploitation, nous travaillons sur l’expérience client au sein de chacun des hobs et à la reconnaissance de la marque sur place. Avec les RH, nous communiquons sur la marque employeur et sur les offres d’emploi à pourvoir. Avec le commercial, nous mettons en place des actions de communication et marketing pour atteindre le Chiffre d’Affaires prévu. Avec le développement, nous avons un rôle de validation dans le choix des sites « hobéisable ou non ». Avec les finances, nous sommes un relais de communication. Par exemple, actuellement, nous sommes en campagne de levée de fonds sur Lita.co. C’est à notre service de communiquer comme il se doit pour mettre toutes les chances de notre côté pour obtenir les fonds nécessaires. Avec les équipes des hobs, nous sommes aussi le relais de communication des événements organisés et créons les supports de communication ponctuels dont ils ont besoin (en dehors de ceux propres à la charte Evi Hob).

Suivez les aventures d’Evi Hob sur les réseaux sociaux !

Site internet : https://www.evihob.com

Instagram : https://www.instagram.com/evi.hob/

LinkedIn : https://www.linkedin.com/company/evi-hob/mycompany/