Sénégal La Rose Tourisme
Sénégal La Rose Tourisme

Bonjour Monsieur Gomis, pouvez-vous vous présenter brièvement, ainsi que votre parcours professionnel ?

Stéphane Gomis directeur de l'entreprise de Luttor

Bonjour, Stéphane Gomis, entrepreneur d’origine sénégalaise basé et travaillant en France. Après un bachelor en administration des affaires, je me suis orienté vers une formation des métiers de la finance. Notamment ceux du contrôle en finance d’entreprise. Après quelques expériences professionnelles, j’ai décidé de lancer mes propres projets. Il s’agissait alors de faire converger l’envie de devenir opérateur économique touristique dans la région ouest-africaine en y développant de nouveaux concepts d’ingénieries et d’intelligences touristiques au besoin de participer à l’émergence d’un continent. Mes territoires de prédilections étant le Sénégal et le Bénin.

 

Pouvez-vous nous présenter rapidement votre entreprise et ses concepts ?

L’Afrique de l’ouest et ses territoires souffrent d’un paradoxe extraordinaire : La région regorge de singularités touristiques et culturelles mais demeure une des zones les moins dynamiques du globe en ce qui concerne les arrivées de voyageurs internationaux. Sachant la particularité que possède le tourisme à transformer les économies de certaines destinations dans le monde, je me suis interrogé sur la manière la plus simple et efficace possible pour initier une dynamique. A mon sens, il est parfaitement possible de créer de véritables économies du tourisme dans les territoires de la sous-région ouest-africaine. Il faut juste créer un catalyseur d’énergies puis centraliser et harmoniser les efforts. C’est dans cette optique que j’ai créé en 2018 à Lyon la société Luttor qui va devenir un groupe d’intelligence touristique composé de structures spécialisées. 

Luttor sera donc un groupe d’intelligence touristique composé des futurs sociétés suivantes :

Constell-Manad qui a vocation à devenir la première société de conseils et de managements pour les entreprises et affaires touristiques, les territoires et les administrations en ce qui concerne le développement du tourisme en Afrique de l’Ouest. La société travaille déjà sur des stratégies de développement qu’elle propose actuellement aux différents acteurs du tourisme au Sénégal. Elle est aussi à l’origine du plan Impulse Sénégal qui va bientôt être présenté aux autorités du tourisme Sénégalais. 

Corruscan est pensé pour devenir le premier préparateur d’espaces et d’expériences de prestige. Le seul objectif de Corruscan est de relever les standards de luxe des différents établissements d’exceptions de la sous-région. Au-delà du fait d’être un préparateur, Corruscan sera aussi un label. Plus d’informations bientôt.  

Unvel sera une plateforme de promotion des territoires et de leurs affaires touristiques. Telle qu’elle est pensée, Unvel est unique en son genre. Elle est créée pour permettre au voyageur de retrouver une information touristique plus centralisée et intuitive et également une promotion plus ciblée et fluide pour les entreprises, affaires touristiques et territoires. Unvel devrait couvrir tout le spectre de la recherche d’informations ou de la promotion du territoire. De la proposition de service traditionnel pour l’affaire touristique à la recherche précise pour le voyageur. Tout cela sera possible dans une seule et même application. 

Luttor Systems sera le bras d’ingénierie de Luttor. Nous pensons actuellement des outils et instruments qui faciliteront la vie des voyageurs comme des professionnels notamment dans l’accueil et le check-in en hôtel, mais aussi dans l’expérience même du voyageur dans les établissements touristiques d’un territoire. 

Constell-Manad, Corruscan, Unvel et Luttor Systems sont des marques du groupe d’intelligence touristique Luttor créées pour fonctionner en synergie complète. 

 

Comment avez-vous eu l’idée de Luttor ?

En cherchant le moyen simple de développer le tourisme autrement en Afrique de l’Ouest. Le tourisme est un des vecteurs de développements les plus sains pour une économie en émergence. Toutefois, dans certaines zones d’Afrique, ils manquent cruellement d’organisation, de vision et de créativité. Luttor est là pour pallier à ces difficultés et offrir un accompagnement parallèle aux politiques amirales mises en place par les administrations de ces territoires.

 

Quelles sont vos missions en tant que directeur de cabinet de conseil en intelligence touristique ?

Pour le marché Africain, ma première mission est très simple. Je dois absolument faire en sorte que les dirigeants des administrations consentent à encourager la création d’une expertise locale en matière de développement touristique. Cela ne peut se faire que par l’émergence de métiers plus intellectuels et plus analytiques dans le tourisme. Une fois avoir formé un technicien en développement touristique, il ne sera plus très compliqué d’imaginer des stratégies de développement du tourisme d’un territoire comme le Sénégal qui soient complètement l’œuvre d’équipes locales et surtout intégrées aux réalités du territoire.

Au-delà de l’expertise locale, la mise en place d’outils de diagnostics adaptés et de classements d’affaires et d’entreprises touristiques africaines en s’appuyant sur des paramètres et des critères rigoureux est un de nos challenges. 

Comment avez-vous construit votre réseau ? Comment faites-vous pour trouver les   contacts de structures d’État ? Sur quel critère choisissez-vous les destinations ?

Le seul critère qui vaille dans des territoires où tout ou presque est à faire en matière de tourisme sera la ration entre les singularités attractives du territoire par rapport aux nombres d’arrivées de voyageurs internationaux. En Afrique de l’Ouest, une fois le critère de sécurité réglé, ledit ration est mauvais pour les territoires. Il y a clairement une sous-exploitation manifeste des capacités touristiques. La quasi-totalité de ces territoires ont un tourisme qui qui contribue généralement et en moyenne à moins de 6% du PIB. Il est extrêmement possible de monter cette contribution autour de 9 à 10% compte tenu de l’exploitation assez faible des richesses du tourisme et de l’évolution des chiffres du tourisme pré-Covid19.

Pour ce qui est du réseau, il se crée très difficilement mais une fois le lien établi et les présentations faites, j’arrive généralement à capter l’attention. Tous mes interlocuteurs veulent un développement du tourisme rapide et adapté aux nouveaux voyageurs. Cependant, quand vous êtes jeune et à la tête d’une jeune société, il est dur de faire valoir le sérieux de votre projet surtout quand, en face, il y a des sociétés de consulting de renommée mondiale.

Quelle est la différence entre votre entreprise et un autre cabinet de conseil ou même Atout France par exemple ?

Des structures comme Atout France constituent à elles seules des réseaux entiers avec des moyens d’opérations impressionnants mais ma question est la suivante : 

Les sociétés de conseils, qu’elles soient d’états ou non, sont régulièrement appelées par les dirigeants des administrations ouest-africaines, pour différents travaux et ce, depuis des années. Je déplore le fait qu’à chaque fois qu’une administration change, il faille presque toujours entamer un nouveau plan de développement touristique. Il n’y a pas de continuité dans le développement du tourisme en Afrique de l’Ouest. Sachant tout cela, si le recours aux grands cabinets de consulting privés ou publiques marchait en Afrique de l’Ouest, ne pensez vous pas que des résultats seraient déjà visibles ? Pour ma part, je pense qu’il y a quelque chose qui ne marche pas dans le modèle actuel. Les plans de développement du tourisme sont trop chers et peuvent parfois se compter en année de PIB. Ils sont presque toujours irréalisables et les financements accordés sont souvent sujets à conditions qui ne sont pas en faveur du développement de l’expertise locale. Je prône une tout autre approche plus local-centrée que ce soit pour le financement ou la technique. 

 

Pourquoi pensez-vous que votre entreprise est importante pour le monde du tourisme ? Quelle est votre plus-value ?

Je n’irai pas jusqu’à dire que nous sommes importants pour le tourisme. Toutes contributions au développement touristique mondial sont bonnes pour la santé économique mondiale. Le tourisme sera indéniablement un des vecteurs clés de reprise économique mondiale. Je pense juste que nous avons quelque chose de nouveau à apporter surtout en termes de promotion des territoires. La plus-value dans le tourisme ne peut plus se compter en termes de force financière. Vous pourrez avoir les fonds nécessaires pour votre promotion ou le développement de votre outil, si vous n’avez pas la créativité, c’est peine perdue. La créativité est la clé et je mise tout dessus. 

 

En matière de solutions, que proposez-vous aux acteurs de ces pays pour améliorer leur vision du tourisme ?

Nous avons pensé des solutions adaptées et évolutives en fonction du point voulu par la destination ou l’affaire touristique dans tout le spectre du développement touristique. Mais pour certaines raisons, je ne peux pas encore détailler les solutions que nous proposons. 

 

Pouvez-vous nous donner des exemples concrets de pays avec lesquels vous avez signé des contrats ? Et enfin nous expliquer quels types d’innovations en matière de promotions ont été mis en place ?

Pour le moment, aucun contrat n’a été explicitement signé. Il y a des MoU et nous travaillons à concrétiser nos relations. Il faut comprendre que la crise de la Covid 19 et ses différents rebondissements rend les décideurs extrêmement nerveux. Et ils ont raison. Toutefois, nous avons commencé à intégrer des sociétés et affaires touristiques dans nos portefeuilles. Un de nos objectifs est de conseiller les ¾ des entreprises et affaires touristiques du Sénégal d’ici 2023. Nous préparons aussi nos campagnes de communication et un évènement de grande ampleur qui rassemblera, nous l’espérons, tous les décideurs du tourisme ainsi que les syndicats des hôtels et les groupements d’intérêts des propriétaires des entreprises et affaires touristiques. Malgré tout cela, l’objectif final reste de se voir déléguer la conception et le pilotage national de la stratégie de développement et ou de promotion d’un territoire sous la supervision des ministères de tutelle. 

 

Comment avez-vous géré la situation sanitaire ? Quel impact a eu la crise sanitaire Covid-19 sur votre activité ?

Il ne s’est simplement rien passé pendant la crise de la covid que nous vivons encore aujourd’hui. Je n’avais absolument aucune activité. Pour ma part, j’ai réussi à conserver ma jeune société. Ce n’était pas difficile dans la mesure où je n’avais pas de salaires à payer car je fonctionne, pour le moment, avec des équipes en free-lance. Il faut retenir la chose suivante pour l’Afrique de l’Ouest : Bien que la crise de la covid 19 ait été désastreuse pour les économies et meurtrière pour l’homme, elle reste une formidable occasion de commencer le travail de rattrapage du retard qu’accusé en matière de tourisme. 

 

Quelle est votre vision plus personnelle aujourd’hui du tourisme suite à votre parcours professionnel et vos expériences ?

Je pense personnellement qu’il ne faut pas changer le tourisme. J’ai un peu peur quand je vois que certaines sociétés développent des technologies permettant de visiter un endroit, d’un autre endroit de la planète et dans son salon. Les gens ont besoin d’émotions et de partages de cultures. Votre pays est beau mais le monde est vaste et il est fait pour être parcouru. De plus, ce n’est qu’en investissant dans le tourisme, comprenez en payant vos voyages, que les opérateurs du tourisme pourront investir plus dans la recherche pour des moteurs plus écologiques, des déplacements plus rapides et moins pollueurs. 

Ce n’est qu’en voyageant qu’on pourra atténuer la peur de l’autre en le comprenant et en freinant la montée de l’extrémisme. Nous observons une recrudescence du djihadisme dans certaines régions du monde notamment l’Afrique de l’Ouest. Donnons du travail à ces gens et ils n’iront plus dans cette direction. Le tourisme peut changer beaucoup de choses mais lui ne doit pas changer. Il doit seulement améliorer certains points liés à l’environnement. 

 

 Le digital occupe une grande place dans notre société aujourd’hui. Quelle place occupe-t-il dans votre entreprise ? Constitue-t-il une opportunité pour Luttor ?

Le digital constitue 100% de l’avenir de Luttor dans une certaine mesure. Nous développons des outils pour faciliter le parcours du voyageur et la présence de l’affaire touristique dans les flux d’informations. En revanche, je suis contre la substitution d’un véritable voyage par des outils qui ne sont que des longues vues pour moi. Le digital est assurément l’avenir du tourisme tant qu’il est concilié comme il se doit et, dans le respect de la terre, au déplacement. 

 

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