Pouvez-vous me parler de vous ainsi que de votre parcours professionnel ?

J’ai fait un master négociation interculturelle à l’université de Savoie à Chambéry. Dans le cadre de ce master, j’ai réalisé un stage de fin d’études d’une durée de 6 mois en agence de tourisme à Dublin. J’étais en charge de la partie événementielle avec l’organisation de congrès scientifiques et de conférences. C’était ma première expérience à l’étranger ainsi que dans l’événementiel.

Durant ce stage, j’ai appris à utiliser le logiciel « Events Pro » et je suis devenue experte de ce software. Grâce à ça, j’ai été repérée par une université de médecine à Dublin « the Royal College of Surgeons in Ireland » où je suis restée pendant 4 ans en tant qu’organisatrice de conférences. J’ai eu l’opportunité d’organiser des évènements au Moyen Orient mais également aux États-Unis.

Suite à ça, je suis revenue dans la région et j’ai décroché un job à l’université américaine privée Webster à Genève ; d’abord pour gérer les anciens étudiants (alumni) puis pour organiser les évènements de l’université. J’y suis restée pendant 7 ans, comme c’était une création de poste il y avait beaucoup de choses à faire et j’ai mis beaucoup de choses en place notamment au niveau de la communication.

Après plusieurs années dans cette organisation, j’ai ressenti le besoin de découvrir autre chose et d’avoir un nouveau challenge. Après quelques recherches, j’ai postulé au CERN pour un poste qui me paraissait hors d’atteinte.

Au final, j’ai été engagée en tant que coordinatrice événementielle et j’y suis depuis maintenant 5 ans.

Pouvez-vous préciser ce qu’est le CERN et en quoi consiste votre métier au sein de cette entreprise ?

Je ne suis pas physicienne ni ingénieur mais je présente le CERN à des personnes qui ne le sont pas non plus. On s’adresse à des enfants ou des adultes en expliquant que le CERN est le plus grand laboratoire de physique des particules au monde, situé à 100 mètres sous terre.

On y trouve un anneau de 27 km qui est un accélérateur de protons. À 4 endroits spécifiques, on les fait entrer en collision ce qui génère une énergie incroyable. Les détecteurs, qui sont en réalité des gros appareils photo, enregistrent une quantité de données incroyables qui permettent aux physiciens d’analyser et de recréer les conditions du big bang pour comprendre l’origine de l’univers. C’est la plus grosse machine jamais construite sur terre : le LHC – grand collisionneur de hadrons.

Je suis coordinatrice événementielle depuis maintenant 5 ans au CERN. Je m’occupe de l’organisation des évènements avec ma collègue Mélissa puis nous avons notre responsable qui chapeaute toute la partie visites guidées avec 5 autres de mes collègues. Notre section s’appelle « visite et organisation des évènements ».

Nous sommes très actifs sur les évènements scientifiques, nous organisons la venue des scientifiques dans les écoles notamment sur la journée internationale de la femme et fille de science. Je coordonne également les évènements au Globe de la science et de l’innovation à Meyrin. C’est un lieu dans lequel il y a des conférences CERN, des évènements publics mais également un lieu pour les privés.

Nous nous occupons aussi des évènements locaux comme la fête de la Science à Ferney-Voltaire où l’on fait des activités de manière ludique pour pouvoir s’adresser à des enfants avec une chasse au trésor ou des coloriages par exemple. Cette année on participera également à la Nuit de la Science qui se passe à Genève tous les 2 ans au parc de la Perle du lac.

Quel type d’évènement organisez-vous et quelles sont vos techniques de communication/promotion ?

On a plusieurs manières de faire,

Concernant les évènements avec les scolaires, on a une newsletter éducative dans laquelle on fait la promotion de nos activités comme par exemple la journée internationale des femmes et filles de science qui consiste à proposer aux écoles locales d’accueillir une femme scientifique dans leurs classes pour parler de leur parcours. On met l’offre sur notre site internet voisins.cern et on a une catégorie dédiée aux activités scolaires. Cette newsletter sera envoyée à tous les enseignants qui ont émis le souhait de la recevoir. Nous faisons très attention à la protection des données.

On travaille également avec l’Éducation Nationale française et le Département de l’Instruction Publique à Genève qui eux, relaient nos informations pour les transmettre aux autres enseignants.

Pour les évènements au Globe, j’ai aussi une newsletter qui s’appelle « Globe-info » dans laquelle je partage les évènements publics à venir. Ils sont publiés sur voisins.cern, visit.cern et également home.cern le site principal du CERN.

Je partage l’évènement sur Facebook pour donner de la visibilité et en principe on webcast l’évènement en live pour toucher plus de monde. En fonction des évènements on utilise aussi Instagram.

Les évènements sont publiés sur les agendas locaux de la région, je les envoie à toutes les communes du coin qui elles, relaient l’information sur leurs sites internet directement. On fait aussi de la cross-communication pour les évènements comme la Fête de la science, ils gèrent directement les publications Facebook pour partager nos réseaux mutuels.

Je fais une communication interne dans « le Bulletin », c’est une newsletter que l’on reçoit par email tous les 15 jours pour suivre l’actualité. On a aussi des écrans d’affichage disponibles dans les restaurants du CERN et à la Réception.

Quelle place accordez-vous au digital dans le cadre de vos événements ? Et comment les avez-vous adaptés à la crise de la covid-19 ?

Le digital est en place depuis longtemps pour les évènements au Globe. On fait en sorte de faire un webcast et en fonction de l’évènement, on utilise une plateforme qui s’appelle « Slido » qui permet aux gens de poser des questions en ligne depuis chez eux. Cela nous permet de toucher plus de gens mais on se rend compte que depuis la pandémie, il y a une certaine lassitude avec tout ce qui se passe en ligne. Aujourd’hui les gens n’ont plus envie de rester derrière leurs écrans pour écouter une conférence.

L’année dernière, mes collègues ont organisé la réunion des anciens du CERN en passant par une société qui a créé un CERN virtuel ou il était possible de se créer un avatar, de se promener et d’assister à des conférences. Ça a fonctionné, mais nous, on n’accroche pas forcément. Par contre ce qui a vraiment été développé ce sont les conférences et visites guidées virtuelles : les guides présentent le CERN avec l’aide de caméra directement en ligne.

On a également fait des évènements hybrides et on s’est adapté aux restrictions sanitaires.

 Selon-vous quelles sont les limites du digital ? comment voyez-vous l’avenir du tourisme ?

Je ne sais pas trop quoi répondre. Je pense qu’on s’est adapté au digital mais que ce n’est pas fait pour durer, les gens ont besoin de revenir et de voyager. Certaines choses ne peuvent pas être remplacées par du digital. Les visites virtuelles ont été une alternative mais aujourd’hui on espère pouvoir rapidement reprendre en présentiel.

Le digital a été très bien et va continuer à exister en parallèle, cela nous aura quand même permis de cibler un public différent notamment pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer. Il y a cependant un aspect environnemental qui est arrivé depuis la pandémie, ce n’est plus tellement à la mode de faire voyager beaucoup de personnes donc le digital restera forcément une alternative.