CEDRIC ONILLON.
1. Pouvez-vous vous présenter brièvement ?
  • Quel poste occupez-vous dans l’entreprise ?

Je suis le directeur général et fondateur de l’agence Lully, j’ai créé l’agence il y a trois ans maintenant. J’ai des fonctions de gestion/directeur et gestion administrative/financière de la structure. A côté de ça, j’exerce aussi une activité plus commerciale, à savoir une activité de gestion d’équipe (chef de projet).

  • Quel est votre parcours (scolaire et professionnel) ?

J’ai eu un BAC ES, ensuite je suis parti en STAPS pour être professeur d’EPS avant de me réorienter en DESS d’économie du sport et du tourisme. J’ai eu la chance à la fin de mon cursus d’effectuer un stage dans une agence événementielle, XLA Voyages, où j’ai ensuite été embauché et où je suis resté 8 ans. Plus tard, j’ai décidé de quitter l’agence pour monter ma propre entreprise. Pour la petite histoire, j’ai repris dans mes équipes Xavier Landon qui était le fondateur de XLA Voyages, mon tout premier patron.

L’AGENCE LULLY.
2. Comment vous est venue l’idée de créer cette agence ?


Ayant travaillé 16 ans en agence événementielle, j’avais une bonne vision de ce que je pouvais proposer dans ce milieu-là. N’ayant pas pu devenir directeur de l’agence XLA Voyages, j’ai décidé de lancer ma structure.

Pour la petite anecdote, j’ai appelé mon agence Lully en référence à Jean-Baptiste Lully qui était le compositeur chef d’orchestre des événements de Louis XIV. Je suis né à Versailles et je trouvais que notre métier s’apparentait beaucoup au sien. Tout comme le chef d’orchestre gère ses violonistes, ses cordes, ses bois, etc., nous devons orchestrer tous les fournisseurs et prestataires qui travaillent sur un événement ; c’est ça le cœur de notre métier.

3. Quel type de services proposez-vous pour la conception d’événements sur-mesure ?

Nous nous positionnons sur la production d’évènements et séjours sur-mesure, et plus  spécifiquement sur le secteur haut de gamme pour répondre aux besoins d’une clientèle plutôt exigeante (Total, Champagnes Mumm, etc.). Nous avons également développé des compétences logistiques permettant d’absorber et d’organiser des événements plus conséquents. Nous disposons pour ce faire d’une licence d’agence de voyages.

4. Quelle est votre stratégie digitale ?

Nous avons fait le choix de nous recentrer sur le service humain, à savoir la réflexion et la force humaine qui est aujourd’hui notre valeur ajoutée.

Dès le lancement de l’entreprise, j’ai créé une application, My Event by Lully, dédiée à mes clients et qui est comme un carnet de voyage digital. Sur tous nos événements, quand un client part en déplacement, toutes les informations utiles sont centralisées sur son smartphone. 

Son programme est mis à jour automatiquement et il est personnalisé. En un clic, il a accès à des services comme les horaires, des informations sur l’hôtel, le numéro de la salle de réunion, la météo, etc.

Cette application est un outil très utile que je souhaitais mettre en place dès la création de l’agence car ça nous permettait de nous différencier par rapport à nos concurrents. Aujourd’hui c’est un outil très répandu mais notre avantage concurrentiel réside dans le fait que nous avons la possession de cet outil. 

5. Quelles sont les valeurs phares que vous mettez en avant dans la stratégie de l’entreprise ?


L’essence de notre métier, c’est la relation humaine. Les valeurs essentielles d’une entreprise comme la nôtre, c’est l’empathie et l’écoute. C’est un métier fantastique car notre rôle c’est de rendre heureux le client. On ne travaille que dans la récompense et si on exerce bien notre métier, on est hyper valorisé. Notre valeur ajoutée à nous, c’est d’être rigoureux; notre devise est “la confiance n’exclut pas le contrôle”. On sélectionne les meilleurs prestataires, on leur fait confiance, mais malgré tout, on les fait répéter, s’exercer, etc.

EXPERIENCE AU SEIN DE L’AGENCE.
6. Quel(s) sont le ou les événement(s) le(s) plus important(s) que vous ayez conçu(s) au cours de votre expérience ?

Le mot “important” peut avoir plusieurs significations :

  • En termes de volume

Nous organisons régulièrement des événements à grande ampleur (1 500 personnes). Ce type d’événement est intéressant car c’est une très grosse logistique qui a un double intérêt. Cela représente à la fois un challenge personnel mais c’est aussi le moyen de se faire plaisir sur les événements puisque nous avons un plus gros budget.

  • Des événements qui nécessitent une compétence particulière

On a des événements “VIP”, c’est-à-dire sur des plus petits groupes (de 5 à 8 personnes) un peu plus haut de gamme. Ces personnes nous demandent d’ouvrir des portes qu’ils n’auraient pas pu ouvrir eux-même, ce sont donc des expériences pas forcément évidentes. L’événement devient donc important par l’expérience et le moment unique qu’on permet à ces personnes de vivre. Parfois, c’est un vrai challenge de devoir proposer une expérience à des personnes qui peuvent tout s’offrir. 

Ce qui est intéressant dans notre métier, c’est qu’il va de l’organisation d’un simple dîner jusqu’à la création ultime où on peut reconstruire un palais au milieu du désert, monter un pic nic sur un iceberg ou proposer de survoler des temples en Asie dans des montgolfières. La seule limite, c’est notre imagination et forcément le budget du client.

7. Avez-vous rencontré une difficulté majeure au cours de la conception d’un de ces événements (organisation en amont ou animation sur place) ? Si oui, comment êtes-vous parvenu à contourner cette difficulté ?

C’est notre quotidien, on a un métier qui est assez magique puisque nous sommes des marchands de bonheur. Mais il a été classé par le Times comme le troisième métier le plus stressant au monde. Parer les imprévus est notre quotidien et c’est ce qui montre notre compétence. 

On a des problématiques de traiteur, de transport, de coupure d’électricité, de météo, des personnes qui tombent malades. C’est le stress de notre métier, comme au théâtre ; quand les 3 coups de bâton sont partis, on ouvre le rideau et on joue en live, on a pas le choix et il faut dérouler.

La plupart du temps, ça passe inaperçu pour le client, et c’est le but. Mais une fois l’événement terminé et qu’on a le sourire de tous les participants et les félicitations du client, c’est là qu’on récupère cette dose d’adrénaline que les acteurs vivent lorsqu’ils ont une standing ovation. C’est ce qui nous fait comprendre que notre métier est formidable ; on a beaucoup couru, dormi très peu, mais la récompense est là.

AVENIR DU TOURISME ?
8. Comment voyez-vous l’avenir des secteurs du tourisme et de l’événementiel ?

Tout le monde s’est rendu compte de la limite du système virtuel (télétravail, réunions à distance, etc.) Et aujourd’hui les gens souhaitent plus que jamais échanger, se retrouver. On est avant tout des êtres sociaux, donc c’est indispensable pour nous. Ça va repartir de façon presque aussi intense car tout le monde en a envie.

Mais il faut bien penser qu’on ne reviendra pas comme avant. Il faut prendre en compte 3 aspects qui vont nous impacter au quotidien :

  • L’aspect sanitaire sera davantage pris en compte par les entreprises.

 

  • L’aspect digital se renforcera encore

On parle aujourd’hui d’événements hybrides, il faudra donc qu’à l’avenir on ait la capacité d’intégrer le digital sur tous nos événements. On sera en présentiel mais il y aura parfois un petit groupe qui ne pourra pas intégrer l’événement (trop loin pour se déplacer, ou contraintes autres). 

Demain, avec le digital et l’expérience qu’on a vécue, il faudra les intégrer en leur proposant du live et donc en filmant une partie de l’événement. Ça permettra à ces personnes de participer en live à cet événement mais surtout, grâce à cette digitalisation, cela crée du contenu pour les clients. Ces heures de film, ces rush, ce matériel complémentaire qu’ils ont produit grâce au digital leur donne du contenu qu’ils peuvent exploiter derrière en communication interne et externe. Le digital a donc grapillé sa place dans l’événementiel et restera là fondamentalement.

  • Le RSE, l’intégration de composantes sociales et écologiques dans nos événements.

C’est aujourd’hui une tendance de fond qui va prendre de plus en plus d’ampleur et c’est un sujet sur lequel nous ne pouvons pas faire l’impasse. On prend déjà en compte la partie sociétale, et aujourd’hui nous intégrons également la partie environnementale, à savoir : évaluer notre impact sur l’environnement, le réduire, et si on ne peut pas le réduire, le compenser. Et pour cela, être paperless, réduire le plastique et la consommation de CO2 sont les 3 éléments essentiels dans la prise en compte d’une démarche RSE. 

 

Interviewee : Cédric ONILLON, directeur général et fondateur de l’agence Lully.
Pour plus d’informations, voir le site internet de Lully ou la page Linkedin.

Interview réalisé par Alicia Tonoli, étudiante à l’IEFT Ecole de Tourisme.